FRAGMENT
/ Je ne puis regretter la vie que pour ma remme et mon Éliza , elles eu auraient embelli les derniers instants. Ma vie pouvait leur être utile. Elle était chère à Sophie. Je l'avais consacrée au bien des hommes y à la défense de leurs droits, et j'en ai sacrifié les restes à la cause de la liberté. C'est pour elle encore que je mourrai si je succombe à la calomnie. Je n'ai eu depuis quatre ans ni une idée, ni un sentiment qui n'ait eu pour objet la liberté de mon pays. Je périrai comme Socrate et Sidney pour l'avoir servi, sans jamais avoir été ni l'instrument ni la dupe, sans avoir jamais voulu partager les intrigues ou les fureurs des partis qui l'ont déchiré. J'ai soutenu le droit du peuple de ratifier expressément au moins les lois constitutionnelles et la possibilité qu'il l'exei^ çât^ la nécessité du mode de révision régulier et paisible de réformer ces mêmes lois; enfin l'unité entière et absolue du corps législatif. Vérités qui,alors peu répandues y avaient encore besoin d'être dévelop* pées. J'ai soutenu^et soutenu presque seul, que^sous peine de compromettre la liberté, il fallait 6ter au pouvoir exécutif toute influence sur le trésor na-
(i) Communiqué par madame Vernet, qui Tavait copié sur l'original, aujoiird*hiii perdu. Ce morceau doit avoir été écrit dans les derniers jours de la vie de Condorcet.