AUX HOMMES LIBRES. 1 1 I
elle avait le malheur d'être obligée d'envahir le territoire d'un peuple déjà libre, elle exercerait, à son égard, cette générosité que se doivent mutuellement des hommes dont la nature avait fait des frères, et qu'une erreur passagère a rendus ennemis.
La nation française, en adoptant ces principes dictés parla raison et par la justice, a droit d'espérer que les peuples étrangers les respecteront à son égard.
Elle reconnaît leurs gouvernements, parce qu'ils exercent leurs pouvoirs avec le consentement exprès ou tacite, mais général et paisible, de chaque nation. Elle doit croire qu'aucune d'elles ne refusera de reconnaître celui que lui ont donné ses représentants, investis de ce pouvoir par le vœu unanime et formel des citoyens.
Dans leurs relations extérieures, les nations amies de la paix , celles dont la justice et non l'ambition dirigeaient les chefs, ont constamment reconnu les gouvernements que même, suivant leurs principes, elles regardaient comme illégitimes, et elles les ont reconnus d'après ce seul motif qu'ils étaient établis.
Cette conduite est une conséquence nécessaire de l'indépendancequi appartient à tous lespeuples, et qui serait blessée si une nation étrangère se rendait juge de la légitimité des pouvoirs par lesquels ils sont régis.
Ainsi, les puissances de l'Europe ont reconnu la République des Provinces-Unies, aussitôt que, passant de l'état d'une généreuse insurrection à celui d'une association régulière, elle a formé un corps de nation.
Ainsi, ces mêmes puissances ont reconnu le gou-