AUX CITOYENS DE LEUR DEPARTEMENT
enlever la confiance du peuple; elle est le seul pouvoir émané de la volonté nationale, et nos ennemis espèrent que, s'ils affaiblissent une autorité qui n'a de base réelle que cette confiance, ils pourront plus aisément nous diviser et nous vaincre.
Au milieu de ces maux dont la réunion des citoyens dans un même esprit , dans une même volonté , est l'unique remède , nous nous adressons à vous avec d'autant plus d'espoir d'en être écoutés, que , divisés quelquefois dans nos opinions , nous ne l'avons jamais été dans nos principes. Rien n'a pu altérer entre nous cette estime que se doivent des hommes qui concourent au même but, et qui veulent également la liberté de leur pays.
La France a besoin d'une conslitution qui , réunissant tous les citoyens dignes de la liberté, donne aux dépositaires de la puissance publique les moyens de repousser les ennemis étrangers, et de rétablir la paix intérieure. Elle a besoin d'une constitution qui, assurant les droits de tous, mette enfin un terme aux craintes exagérées , comme aux espérances coupables , et ramène , entre les membres d'une même nation , cette mutuelle confiance, sans laquelle la société ne peut ni prospérer, ni même subsister. Nous emploierons tous nos efforts pour vous faire jouir promptement de ce bienfait, et nous les emploierons sans amour-propre, sans chercher à faire dominer nos opinions personnelles. Nous ne songerons pas même à partager l'honneur d'avoir fait une constitution digne d'être offerte au peuple français. Qu'elle assure l'égalité et la liberté républicaines, qu'elle
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ramène le règne de la loi, nous ne voulons point d'autre récompense.
Mais nous vous demandons de soutenir notre zèle, d'appuyer de l'autorité de votre opinion cette nécessité si évidente, de terminer promptement ce grand ouvrage.
Pendant que la Convention se livre à ce travail que vous exigez d'elle, comment soutiendrait-elle ce poids immense des affaires publiques, que tant de trahisons viennent d'aggraver, si la confiance des citoyens paraissait l'abandonner? Eh bien, nous osons vous le dire : cette confiance, elle mérite de la conserver.
Nous y avons vu un zèle ardent et sincère pour adopter les mesures dignes d'un peuple libre, pour présenter aux citoyens qui souffrent , des lois consolatrices. Nous y avons vu une unanimité constante pour proscrire la royauté et pour vouloir une république, une, indivisible, comme le seul ordre de choses qui convienne à la nation française.
Dans le procès de Louis , unanime sur le droit qu'avait la nation de le juger et de le punir, sur la nécessité de le soumettre à un jugement, sur la nature et les preuves de ses crimes, unanime même dans l'opinion qu'il méritait la peine la plus grave, la Convention n'a été divisée que sur les consé? quences politiques de l'exécution de son jugement; elle ne l'a été que par zèle pour vos intérêts, par respect pour vos droits; et le vœu de la majorité une fois déclaré, est devenu celui de la Convention entière.
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Nous avons gémi comme vous, quand nous y avons entendu accueillir la voix de la calomnie, quand nous y avons vu la dignité des représentants du peuple, s'avilir quelquefois dans une discussion tumultueuse; nous avons gémi, quand ces divisions ont ravi à la Convention nationale le pouvoir de maintenir autour d'elle une paix constante , de prévenir toutes les violations delà loi, quand le respect pour le droit de pétition nous a forcés d'entendre les citoyens égarés, nous donner, comme des moyens de sauver la patrie, des mesures propres à opérer sa ruine. Mais, citoyens, il y a loin de ces désordres à cette corruption , à cette faiblesse, qui seules pourraient légitimer la perte de votre confiance.
N'y voyez, comme nous, qu'une effervescence des passions, contre laquelle ni l'instruction, ni l'habitude des vertus républicaines, ni l'amour pour les lois, sources de sa prospérité , ne peuvent défendre un peuple qui , brisant à la fois toutes ses antiques chaînes, a passé, presqu'en un seul jour, de l'esclavage a la liberté, de l'avilissement à l'égalité, de l'oppression à la souveraineté.
Les restes du parti royaliste, les puissances étrangères, citoyens, voilà vos véritables ennemis! voilà ceux que vous devez détruire ou repousser : ne perdez point, à combattre des chimères , les forces dont vous avez besoin contre des dangers trop réels.
Voyez dans la Convention des hommes unanimement dévoués à périr avec la liberté, à tout sacrifier pour la sauver, qui ont besoin d'être encouragés par votre confiance, mais qui veulent la mériter.
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Jusqu'ici vous leur avez donné l'exemple de l'union. Attachés à la République seule, vous n'avez jamais paru vous apercevoir de ces partis qu'on essaye vainement de former dans son sein. Et quel pourrait donc être l'objet de ces partis, lorsque nous voulons tous une république, lorsqu'une haine égale pour la royauté, une même horreur pour les distinctions héréditaires nous enchaînent à la cause de l'égalité? Qui de vous, qui de nous veut avoir un autre maître que la loi? Ne voulons-nous pas tous également que tous les citoyens exercent les mêmes droits, que tous jouissent, dans la plus entière étendue, de ceux que la justice et la raison universelle ont reconnu appartenir à l'homme en société?
Tous les Français ne conviennent-ils pas que la sûreté, la liberté, la propriété, l'égalité, la souveraineté du peuple sont les premiers de ces droits? Qui de nous ignore que l'homme, vraiment libre, est celui qui met son orgueil dans une soumission volontaire aux lois de sa patrie; que le citoyen ne mérite ce nom respectable qu'en sachant maintenir et défendre dans autrui les droits reconnus et garantis par la volonté générale? Qui de nous ne déteste, comme un lâche et coupable hypocrite, celui qui cache, sous le masque du respect pour la loi, un secret penchant pour la tyrannie, celui qui couvre du nom d'amour de la liberté ses attentats contre les règles éternelles de la justice, et qui se vante de servir sa patrie, quand il veut anéantir les fondements sacrés de la société?
Citoyens! ceux qui cherchent à vous éclairer sur
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Vos devoirs, comme sur vos droits et vos intérêts; ceux qui veulent qu'une instruction suffisante vous appelle tous à une jouissance réelle de ces droits ; ceux qui proposent des lois propres à former, à épuler la morale publique; ceux cpii, approfondissant les principes de la législation, de l'économie politique, cherchent à combiner les moyens d'augmenter vos ressources et de réparer vos maux : voilà vos véritables amis. Votre rectitude naturelle, votre amour de la liberté qui ne sait point se séparer des principes de la morale, vous préserveront de placer dans cette même classe ceux qui chercheraient à vous entourer de soupçons, à vous fatiguer de vaines terreurs, à vous livrer au supplice d'une vague et calomnieuse défiance; ceux qui essayeraient de vous persuader qu'on peut servir la liberté en outrageant l'humanité et les lois; ceux qui voudraient vous occupe!" de leur orgueil , vous rendre les instruments de leurs passions; lorsque tous vos moments, toutes vos pensées doivent appartenir à la patrie.
Ainsi , vous étoufferez ces germes de division qu'on cherche à répaiidre. et l'exemple de votre union, que rien n'a pu altérer jusqu'ici, sauvera la République.
Mais cette union , cette adhésion constante au vœu de la majorité de la Convention , ce vœu unanime pour qu'elle puisse suivre paisiblement ses travaux, cette volonté qu'elle soit libre et respectée, cette résolution de défendre l'intégrité de la représentation nationale , de réprimer les artisans de dis- XII, 37