FAICT PAR COQUILLART
orriers mignons,hantans banquetz^ Icenlilz, fringans, dorelos, Portés vous plus les affiguetz ,
Ne lerrôbbes de camelos,
Motes argenteuzes, petis œullades ',
Entretenés voz plus voz tours
De faire donner les aubades
Que soulliés faire tous les jours ^ ?
Où estes vous, chans de linotes.
De chardonnelés ou serins,
Qui chantés de cy 3 plaisans notes
Soubz les treilles de ses jardins ?
Où estes vous les tabourins,
Les doucines4 et les rebectz,
1. La construction de la phrase semble demander pouf les mots mottes et œillades la signification de bijoux ; il est difficile de lés comprendre autrement que comme quelques-uns de ces affiquets dont on vient de parler. Les premiers seroient donc quelques bijoux ronds en argent , les seconds quelques bijoux ovales ornés de pierresprécieuses, de diamants fort brillants lançant des œillades^
2. Comme vous aviez Thabitude de le faire. 5. Qui chantiez de si...
4. Il est facile de comprendre que c'est un instrumenf de musique ; il s'appeloit aussi douceigne ou doulcemer. Je n'ai pas pu trouver sur lui de plus amples détails.
242 COQUl^LLART.
même annonce : faictespar CoquiUart, Un nouveau Guillaume CoquiUart s'acheminoit vers le canonicat, Jehan CoquiUart étoit nommé député du tiers état, Pierre CoquiUart étoit procureur des habitants de Reims ; jusqu'à la fin du XVIe siècle il y eut là un membre de cette famille honoré et puissant, et les Juste ^ les Bonnemère, les Oenys Jannot , les Mamef, les Bonfons et les Rigault , venoient l'un après l'autre affirmer que ces œuvres étoient bien de CoquiUart. Il nous eût fallu supposer qu'un membre de la famille du poète Rémois se fût, après la mort de celui-ci , amusé à continuer une teUe poésie , à la continuer comme s'il eût été lui-même un homme du XVe siècle, avec un redoublement de cynisme, avec une grossièreté cette fois sans excuse, approuvée, encouragée, néanmoins, partant d'illustres représentants de la cité de Reims i
Nous avons préféré admettre les présomptions qui conseillent d'attribuer à notre poète le3 deux morceaux que nous allons mettre d'ailleurs sous les yeux des lecteurs.
Monologue du Puits. 24}
Cy commance le Monologue du Puys faict par coquillart.
orriers mignons,hantans banquetz^ Icenlilz, fringans, dorelos, Portés vous plus les affiguetz ,
Ne lerrôbbes de camelos,
Motes argenteuzes, petis œuUades ',
Entretenés voz plus voz tours
De faire donner les aubades
Que soulliés faire tous les jours ^ ?
Où estes vous, chans de linotes.
De chardonnelés ou serins ,
Qui chantés de cy 3 plaisans notes
Soubz les treilles de ses jardins P
Où estes vous les tabourins,
Les doucines4 et les rebectz ,
1. La construction de la phrase semble demander pouf les mots mottes et œillades la signification de bijoux ; il est difficile de lés comprendre autrement que comme quelques-uns de ces affiquets dont on vient de parler. Les premiers seroient donc quelques bijoux ronds en argent , les seconds quelques bijoux ovales ornés de pierresprécieuses, de diamants fort brillants iançant des œillades^
2. Comme vous aviez Thabitudc de le faire. 5. Qui chantiez de si...
4. Il est facile de comprendre que c'est un instrumenf de musique ; il s'appeloit aussi douceigne ou doukemerf Je n'ai pas pu trouver sur lui de plus amples détails.
Ï42 COiyjlLLART.
mËme annonce : fakUspar CoquiSart. Un nouveau Guillaume Coquillart s'acheminoit vers le c^onicat, Jehan Coquillait étoit nommé député du tiers état, Pierre Coquillart étoit procureur des habitants de Reims ; jusqu'à la fin du XVIe siÈcIe il y eut là un membre de cette famille honoré et puissant, et les Juste, les Bonnemère, Us Denys Jannot, les Mantef, les Bonfons et les Rigault , venoient l'un après l'autre affirmer que ces œuvres étoient bien de Coquillart. t! nous eût fallu su[^oser qu'un membre de la famille du poète Rémois se tût, après la mon de celui-ci , amusé à continuel une telle poésie , à la continuer comme s'il eût été lui-même un homme du XVe siècle, avec un redoublement de cynisme, avec une grossièreté cette fois sans excuse, approuvée, en-
Monologue du Puits, 153
Par tel façon et tel manière,
Qu'eusse voulu avoir esté
Dedens ung sac en la rivière.
« Quoy ! 5ç disoient tous les danceqrs,
Il sembloii que n'y eust que pour Ipy !
C'estoit le plus fort copieux
Qui fust en çesîe feste icy, »
Je m'en revins tout bellement, Tout quoy, par derrière le banc, Il y avojt urig cordonnier Qu'il s'estoit trpuvç à la feste ; Si s'en va ma dame prier ; Sans autre prière ou requéste, S'en va aveeques luy dançer, Je vis cela , et d'enrager De deuil ; jç fuz si treshonteux, Et nç suis je pas maleureux, Qui cuidoie estre si rusé , D'avoir esté si refusé, Moy, qui ^uis g}rgias, mignon, Franc , fraiz , frasé comme ung ongnon ! Je ne sçay pourquoy s'a esté Que j'ay esté tant recullé.
Ha ! par ma foy, je suis bien sot ; Je croy bien que c'est pour ung mpt Que j'ay failli à la nommer » :
I. Pour un nom que j'ai négligé de lui donner en la pommant ; pour un mot à propos duquel je me suis troro]^ $a lui adressant la parole.
^i^^^^^^MB^^Bi^^-^ie^:^
Que nous avions tous les matini Entre nous aultreç mignopnés !
J'ay veu que j'avoye Henriet A faire mes charivaris > , ^veç son compaigpon Jacquet , Pour les bourgeoises de Paris, ^ay veu qu'estoye mignonnet, Chantant entre les damoiselles ; Ung corps fectis , sade , gronnet *, Pensés qu'avoye des plus belles.
Vous semble il point que pour argent Qu'on peu3t joyr de ses amours , Estre tousjours mignon , fringant , Ponant cornette de velours 1 Àultre foy§ ay esté çn CPurs Pour faire baUdes et rondeaux , Et ne dormoie ne nuytz , ne jours , A penser les termes nouvçauU.
Ung jour m'en aloie pas à pas , Fort mignon , plaisant et habile , Tracassant , traignant le patin ; Car je sçavoys bien mon stille Et entendoys bien mon latine,
I, On a vu que charivaii n*avolt pas l'acceptio» odieuse qu'il a de nos jours.
• 2. M. Tarbé pense que ce mot gronnet, gros net, signifie très propre.
j. On reconnoît toute la phraséologie de Coquillyt
Monologue du Puits« 24^
Je vousiestoysmiste, fricquetj Habillé comme ung gentil homme 1 Ësveillé comme ung saulpiquet ; , N'y avoît que pourmoy, en somme»
Les beaulx petis gans ^ le bonnet Et la pemicque bien pignée'i Pour dire : « Morbieu , pas ung pec ! n J'estoys ung fringant ^ à journée ^
bWenture comme je passoie Et m'en aloie tout en paix , Sans ce que aucun mai y pensoyé, Se 4 me dit Ungt » A Dieu Joannes^t N'oublie pas ton escriptoire. »
Et je vous escoute ; quoy voire^ I
Uôva avons expliqué toutes ces locutions : tracassant lèi pavés, traînant le patin , savoir le stille, etc.
1. Il n'y avoit personne tel que moi pour porter leS beaux petits gants , etc.
2. Pour savoir dire, selon l'expression à la mode.: « Laissez-moi tranquille », j'étois un gaillard.
). Fringant d journée, homme bien habillé tous les jours V par opposition à ces pauvres diables de valets di-mancheris , qui , occupés toute la semaine , ne peuveai l'habiller que le dimanche.
4. Comme je m'en allois sans penser à mal, se, ce, cela^ cette parole quelqu'un me cria.
5. Pédant, pauvre écolier. Nous le trouvons dans les romans du XV lie siècle, employé dans le sens de valet d'Université, domestique de professeur»