‹ Œuvres de Coquillart (volume 2)Chapitre 348 sur 374 · Le chien au grant collieti locution proverbiale qui · texte numérisé non relu

Le chien au grant collieti locution proverbiale qui

Monologue des Perruqjjes. zSj Elles se donnent du bon temps ;

Tel et tel si mâche du sans ' :

On donne à leurs femmes tissuz , Et en sont aussi innocens Que Judas de la mort Jésus.

Coquins, niayz, sotz, joques sus», Trop tost mariez en substance, Seront tous menez au dessus, Le jour sainct Amoul', à la dance.

Telles, sans prendre desplaisance, Si ont, à leurs fines querelles,

désignoit, en résumé, Thomme ou la chose importante dans une affaire.

1 . Maschant le sens y tranchant du saige^ est -il dit dans la Repeue franche du sou<freteux (Œuvres de Villon , éd. elzev., p. 283); gros maschesens^ est-il dit plus loin (p. 348). Cette locution indique bien évidemment, de même que le masche-glose, que nous avons déjà rencontré, des gens experts , sachant tirer le suc des choses , des abstracteurs de quintessence. Tel est le sens qu'il a ici. Mais certains maris , dit le Gendarme, savent tirer parti du plaisir de leurs femmes. Dans le patois Picaid, mascherdu sens signifieroit mâcher de la façon convenable, c'est-à-dire encore : prendre le bon côté des choses.

2. Joques sus apparient bien évidemment à la fa^ mille de Jocrisse. D'où vient-H?M. Taibé indique que ce mot vient de jocus, gens dont on se moque ; cela est possible. Mais il peut venir aussi àtjoquersuSj airéter sur, et indiquer des gens hébétés , constamment ébahis , etc.

3. AmalduSy arnoldus , débauché, libertin; amaudery agacer, vexer; arnould, hemoux, mari trompé, mais de l'espèce particulière de ceux qui sont contents de kw

a86 COQIJILLART.

Pour mieulx ribler à leur plaisance S Toutes propres leurs macquereiles.

. C)}iant au regart des damoyselles , Grosses bourgeoises, gentilz femmes ^ 11 n'y a que redire en elles :

Elles sçavent trop bien leurs games.

Tout bien , tout honneur est en dames ; A ung chascun je l'admonneste ; Ceulx qui les blasment sont infâmes ; En eux > n'a façon deshonneste.

Tant aux jours ouvriers qu'à la feste , A Paris, ung tas de bejaunes 3 Lavent trois fois le jour leur teste , Afifin qu'ilz aient leurs cheveulx jaunes.

sort et qui en tirent tout le parti possible. Dans les plaisanteries du X Ve siècle , saint Amould étoit regardé comme le patron de cette espèce de maris débonnaires.

1 . Pour les servir dans leurs aventures amoureuses et pour mieux courir çà et là dans Tintérèt de leurs plaisirs.

2. En elles. Il faut comprendre sans doute tout ce passage en lui attribuant un sens ironique.

3. On appeloit ainsi les novices, les apprentis, puis les niais , les pauvres hères de toute sorte. Selon le Dictionnaire de Trévoux, ce nom vient de ce que les oisons ont le bec jaune. Je crois que c^est Tidée de noviciat, et non ridée de bêtise, qui est la signification première de bijaaniyet il vaut mienr rappeler; je pense, comme étymologie, que beaucoup d'obeaujt viennent au monde avec un bec d'abord iaiine, et qui devient gris au bout de quelques mou.

Monologue des Perruques. 287

Variez, cousturierS) peleurs d'aulnes \ Paveurs et revendeurs de pommes Ont longue robe de cinq aulnes, Aussi bien que les gentilz hommes.

Les ungz dient qu'ilz en ont à sommes >, Les autres s'abillent tout ung ) ; Plusieurs fringuereaulx, briefves sommes, Fringuent , et si n'en ont pas ung.

L'ung mengeue 4 le povre commun ; L'autre porte estât non pareil ; A leur parler tout est commun J ; Tierry dort sans avoir sommeil ; Robin est vestu de vermeil ^ ; Chariot a une verte hucque7 ; Hector se pourmaine au soleil Pour faire sécher sa perrucque ; Richard trenche du vaudelucque * ;

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