‹ Œuvres de CoquillartChapitre 108 sur 167 · Poche, bourse · texte numérisé non relu

Poche, bourse

j. Rasé. Ils sont vêtus d'un drap, d'une étoffe mince et sans poil, de sorte qu'ils n'ont plus cette pesanteur d'habit qui les forçoit à conserver l'apparence dhonneste gravité; de sorte encore que leur robe si légère est toujours prête à se lever pour danser, courir, etc. Coquillart entre ici dans une digression ; il oublie un peu les Pactes, et tout ce passage conviendrait mieux à la rubrique de VEstat dis hommes. Il paraît s'abandonner au courant de la plume, savant sa pensée sans s'inquiéter des transitions apparentes. Les matières bénéficiâtes l'ont amené à parler de ces gens à la mode , légers , ignorants , intrigants , qui possédoient souvent à la fois et les bénéfices d'amours, et les bénéfices ecclésiastiques. Il s'appesantit sur ces personnages avec une sorte d'amertume et d'Ipreté bien sentie qui semblerait indiquer qu'il s'est trouvé en rivav Hté, et en rivalité malheureuse, avec quelques uns de ces lestes et heureux bénéficiera. Malgré l'absence de transition, sa pensée se suit pourtant. De la légèreté de leur

Droits nouveaux. ijî

Dieu scet se leur robbe est legière!

S 'on joue peut estre « La carrière , Petit rouen », « Le grand Tourin », « La gorgiase », « La bergière l », Hz se courroucent au tabourin 2 .

Telles dances ne sont plus en train A noz mignons du commun cours ' ; Car, soit ou françoys ou latin 4, Hz ne veullent dancer que « Amours î ».

esprit il passe à la légèreté de leur robe ; de là à leur danse; puis à l'une de ces danses qui , à l'aide d'un jeu de mois, te lance en pleine satire sur l'ambition, les intrigues , l'action malhonnête et fiévreuse de ces précurseurs du monde moderne, de ceux-là en qui le poète nous permet de voir les industriels , les agioteurs , les faiseurs du XVe siècle. C'est à cette époque que Ton peut placer les débuts un peu sérieux de cette race ; et il faut voir aussi dans l'énergique âpreté du vieux poète le profond dégoût avec lequel le Moyen Age traitoit ces étrangers.

i . Il s'agit ici. évidemment des premiers mots de diverses chansons dont les menestriers, selon l'usage, jouoient les airs, pour faire danser. « La carrière, petit rouen, etc. », c'est-à-dire petit cheval rouan. Tourin paroît être un nom propre.

2. ils se fâchent contre le mënestrier qui leur joue de vieux airs.

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