‹ Œuvres de CoquillartChapitre 16 sur 167 · PO&SIES DIVERSES · texte numérisé non relu

PO&SIES DIVERSES

Notez /enfans: car, comme la- beaulté De là fleur est incontinent passée, L'honneur du monde, qui n'est que vanité, En mg mouvement » est aussi abaissée.

Si a esté ceste histoire brassée Pour ceulx qui fiers et trop orgueilleux sont : — Dieu et Nature sans. cause riens ne font.

1 . L'édit. d'Urbain Cousteher met : en un moment. Nous avons préféré supposer l'élision de Ve au milieu du mut et nous conformer aux anciennes éditions , qui toutes donnent mouvement , mot plus énergique d'ailleurs et plus en rapport avec l'image fournie par le verbe abaisser*

BALLADES Sur les Etats-Generaux.

Les quatre ballades qui suivent et les Vers Manteaulx , qui y jouent un rôle important, ont attiré à bon droit l'attention de ceux qui, directement ou indirectement, se sont occupés de Coquillart. Il y a là un léger mystère historique que l'on n'est pas encore parvenu à percer. M. Le Roux de Lincy, dans son Recueil des Chants historiques, M. Tarbé, dans les notes de son édition, pensent que ces pièces font allusion aux Etats généraux de 1 484; le premier assure que les Vers Manteaulx sont les partisans du duc de Lorraine, le second avoue qu'il n'a rien découvert sur ces personnages. C'est aussi le résultat auquel nous sommes arrivé. Les extraits que nous avons pu consulter des archives de Reims sont muets sur ce sujet, comme aussi les Chroniques et les Mémoires qui parlent des événements contemporains des Etats de 1468 et de 1484. L'étude du texte de ces ballades nous a suggéré de nombreuses conjectures. Voici celle qui nous a paru la plus vraisemblable ; nous n'avons pas d'ailleurs la prétention de dire le dernier mot là-dessus.

Il faut voir, dans ces quatre ballades, des pièces écrites sans doute à propos des Etats de 1484, mais aux diverses périodes de la tenue de ces Etats, et indiquant des

Poésies diverses. h

nuances d'opinion, des intentions diverses, suggérées par les bruits qui se répandoient à Reims sur les actes et les conséquences des actes de cette assemblée. Les Princes incfiqueroient le parti du duc d'Orléans, Charles d'Angoulême, Jean de Foix , le comte de Dunois , les ducs d'Alençon et de Bretagne. Les mystérieux Vers Manteaulx, que les Princes traitent avec un si profond mépris , qu'on accuse de se faire les échos des ridicules plaintes de tout le monde, qu'on menace du supplice des vilains, la potence, ceux-là seroient les chefs du parti populaire, soit aux Etats , soit au dehors , où l'on supposoit qu'ils vouloient organiser une nouvelle Jacquerie.

• Peut-être devons-nous ici indiquer que 50 ans avan on nommoit Compagnons de la Verde Tente ceux des Gantois révoltés qui tenoient les champs contre les partisans du duc Philippe de Bourgogne.

La première ballade semble écrite avant la réunion de rassemblée. Coquillart indique aux Princes que leurs efforts ambitieux amèneront des soulèvements dans le peuple, ou qu'ils seront vaincus aux Etats par l'union du parti populaire et de la régente Anne de Beaujeu, qui s'étoit en effet attiré la faveur publique par la diminution 4es tailles, par le renvoi et la punition des favoris de Louis XI. Dans ta seconde ballade il parle aux adversaires des Princes et leur montre la ruine et le bourreau comme le dernier mot des émeutes. Il conclut dans la troisième et parle au nom de la Bourgeoisie rémoise, aussi hostile aux tentatives de la Féodalité qu'aux mouvements séditieux du commun peuple; il prévoit qu'une nouvelle Jacquerie pourrait bien être accompagnée d'une nouvelle ligue du Bien public, et maudit l'une et l'autre. La quatrième ballade paraît indiquer que les Etats sont terminés , et qu'après la défaite des Princes les craintes d'une sédition populaire existent toujours.

Il est nécessaire de rappeler que les allusions de ces pièces n'ont sans doute d'autre origine que les comméra-

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ges de la cité rémoise. Le silence de l'histoire sur les Vqs Mtnteaulx le prouveront. L'incorrection, du texte de ces ballades dans Les premières éditions T |eur suppression dan* les éditions postérieures, eu «croient une nouvelle preuve, en montrant queiespremiej&jmpnmeurs; Be \& ont, pu, expliquer et que. les seconds les qnt jugées inutiles. Peut-être enfin ne faut-il voiu là qu'une fanjajsiede ÇoquiJIart, nn développement d'imagination., une Jutte poétique entre le :ppéte ré/rioj? et quelque» uiut. dressais. l«e mar* Hckux poète a peut-être tendu un, piège i «es commentateurs, et nous a ainsi. fait |aire un. roman historique jt propos d'une de ses facéties. Nou* : arçon» jdû. en- courir la chance, et chercher, malf?é : pe«e crainte , : la. position respective des personnages indiqués dan» ses <baljadcs.

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