‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 114 sur 157 · ACTE I, SCÊITE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÊITE VIII

le ftM'ois; il me sait Âh seigneur ! à ce nom Mop sang se glace : hSas ! cétoit Agamenmon; ce Arrête, m'a-t^il dit d'une voix formidable ; Voici de tes forfaits le terme redoutable :

Arrête, épouse indigné; et frémis de ce sang Que le cruel Égisthe a tiré de mon flâne. »

Ce sang, qui ruisseloit d'une large blessure, Sembloit , en s'écoulant , pousser un long murmure. ^ A l'instant fat cru voir aussi couler le mien : Mais, mallieureuse ! à peine a-t-il touché le sien , Que j'en ai vu renaître un monstre impitoyable Qui m'a lancé d'abord un regard efiroyable.

Deux fois le Styx, frappé par ses mugissements, A long-temps répondu par des gémissements.

Vous êtes accouru : mais le monstre en furie /^i *»SiN D'un seul coup à mes pieds vous a jeté sans viyy '^ «

Et m'a ravi la mienne avec le même effort , f ^

Sans me donner le temps de sentir votre mori %«

Je conçois la douleur où la crainte vous plonge.

Un présage si noir n'est cependant qu'un songe

Que le sommeil produit et nous ofire au basard ,

Où , bien plus que les dieux , nos sens ont souvent p.tri.

Pourrois-je craindre un songera vos yeux si funeste,

Moi qui ne compte plus d'autre ennemi qu'Orestc ?

Au gré de sa fureur qu'il s'anoe contre nous ,

Je sautai lui porter d'inévitables coups.

Ma haioe à trop haut prix vient de mettre sa tête ,

Vour redouter encor les malheurs qu'il m^apprête.

t74 ÊLEGTRt.

C'est en Tain que Sanios la défend contre loui :

Qtt*eDe tremble, à aon tour, pour e&« et fom aon roi.

Athànei désonoaU, de ses pertes lassëe,

Nous menace bien moins qu'elle n'est menanée ;

Et le roi de Gorintbe, épris plus que jamais,

Me demande aujourd'hui ma fille avec la paix.

Ghiel que soit son pouvoir, quoi qu'il en osé attendre,

Sans la t£te d'Oreste il n y faut point prétendre.

D'aîDenrs, pour cet hymen le ciel m'offre une main

Dont j'attends pour moi-même un secours plus certain.

Ce héros, défensenr de tt>kite ma fimiille,

Est cdui qu'en secret je destine à ma fille.

Ainsi )e ne crains plus qu'Electre et sa fierté,

$)» reproches, ses pleurs, sa (atale beauté.

Les transports dé mon fils : Inais, &'il peut la contraindre

A recevoir sa fi)i„ je n'aurai rien à crai|kdre j

Et la main que prétend employer mon courroux

Mettra bientôt k comble à mes voeux les plus doux*

Hais ma fille parok. Madame, je vous laisse,

Et je vais travailler au repos de la Grèœ.

Page 1