PREFACE
vxv'oiauï je ne'connoisse qa« tro|^ combien il est inutile de répondre au public, cette tendresse si naturelle aux bommes pour leurs ouvrages Ta emporté sur mes réflexions. Toute la prudence humaine est un frein léger pour un auteur qui se croit lésé. Ce n'est pas que je ne sache qu'il nj a plus de salut à faire dans quelque préface que ce soit: Le public semble être devenu d'airain pour nous : inaccessible désormais k tous ces petits traités de paix que nous faisions autrefois avec lui dans nos préfaces , il nous fait de sa critique une espèce de religion incontestable, ' et veut nous forcer de reconnoître en lui une infaillibilité dont nous ne conviendrons que quand il nous louera. Cela n'empêche pas qu'avec les meilleures raisons du monde nous n'ajons souvent tort. Plus nous voulons nous justifier, plus on nous croit entêtés. Si nous sommes humbles , on nous trouve rampants ; si nous sommes modestes , hjpocrites ;* si nous répondons avec fermeté ^ nous manquons de respect. Un auteur est précisément comme un esclave 'qui dépend d'un maître capricieux qui le maltraite souvent sans sujet, et qui veut pourtant le maltraiter sans réplique: Que le lecteur ne me sache point mauvais gré si je me trouve aujourd'hui entre ses mains : ce n'est assurément point ma faute. Je proteste, avec toute la bonne foi qu'on peut e^itger de moi en pareille
occasion i que j'ayols renoncé pour jamais à la tentation de me faire mettre f pus la f rt^. Il j a près de trois ans que je refusois constamment mon ^Taix; et je ne l'aurois effectivement jamais do^aé, si on ne me Feùt fait Toir imprimé eu Hollande avec tant de faites, que les entrailles de père s'émurent : je ne pus, sans pitié, le voir ainsi mutilé. Les fautes d'un imprimeur, ayeccellesd'uu auteur, qen est trop de moitié. C'est ce qui 91e déteimina en même temps à dominer Illectre, pour qui je crai* gnois un sort semblable; et avec une préfixée, qui pis est. foi^ lJ^o^t^si^, ce fut une tanaenté de jeune bomme qui ne connoit point le risquç de l'impression. Mais, ce n'est pas cela doijit il s'agit; c'est d'ATRÉç. Il n'j a |>resque personne qui ne se soit soulevé C9nti:ece sujet. Je n'ai rien à répondre, si ce n'est qiie je ^'en suis pas, l'inventeur* ^e yojs bien que j'ai eu tort de conceyoir trop fortement la tragédie comme une %çtioii funeste qui dey oit être présentée aux jexu^ des spectateurs, spuf des images intéressantes ; qui doit les conduire à la pitié par la terreur , mais avec des inouVemenU et des traits qui ne blessent ni leur délicatesse lii les bienséaniccs. Il ne reste plT;i$ qu'à savoir ^i je les ai obseiryé^çs , ces biei^SiéarKces si nécessaires. J'ai cru ppi^yoir ij^'eu flatter, Je p'ai rien QuMié pour adoucir mon sujet , et pour l'accommoder à nos mœurç. ^ouç ne point ofi-riç Atrée so49 une figure désag;réable, je fai« enlever -3>ope auiç autels mêmes, et je çitfe ce |>iincc ( s'il m'est permis
d'en faire ici la. comparaison) justement dans le cas de la Coupe enebantée de La Fontaine :
L'étoit'II? a« rétoit-il poîat?.
J*ai altéré partout la fabJe , ^ur renân sa Tengeance jBtoins affreuse ;. et il s'en faut bien ^e mon Atrée foÂt aussi enicl ^e celui de j&énèque.' Il m'a SU0Î de £ure craiSadre p0ur Thjestf toutes les horreurs de la cottpe que so« frère lui prépare ; et il v'/ parte pas seuleautts^ les lèvres. J'avouerai cependant que eetSe seène niepasut terrible à moimême : elle «i^ât frémir , loaisoe m'en sembla pa» moins dig^e ide.la tragédie» ie «e yois pas qu'on doive plutôt r«a eiw^lure, que «elle où Gléopàtre, dans Rj9iK}«vv£ » a^cs avw fait égorger un de ses fils, veut.«n^0ftS<MUfeQr Tai^lîVe atix y eux des spectateurs^ De linéique indigituation qu'on se soit armé contre la eruauté d' Atrée, je ne crois pas qu'on puisse metitrô sur Jia s«èiie tiragique un tableau plus parfait que celui de la situation où se trouvç le maibfinmuxXb^este, livré sanasenourA àta ft^rour du plna barbase dis tous Us bommes» ^luoiqu'on se Ûii la^ad attendrir au]L larmes et slxkh regrets de ce prince infortuné , on ne s'en éleva pas moins contre moi. On eut la bonté de me laisse^ tout Vhonneur de l'i^yention ; on me chargea de toutes les iniquités d' Atrée : et l'on me regarde^ encore dans quelques endroilis comme un homme noir « avec qui il ne £iit pas sur de vivre \ comme si tout ce que l'esprit imagine devoit avoir la source dans
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1« coeur. Belle leçon pour Ies'auteurs7 ^J^^ ^^ p^'^Jt trop leur apprendre arec quelle circonspectfon il faut comparoîtr» devant le . public ! Une jolie femme , obligée de se trouver parmi des prudes , ne doit pas s'observer avec plus de soin. Enfin , je n'aurotft jamais cm que, dans un pajs où il y a tant de maris maltradte's , Atrée eût eu si peu de partisans. Four, ce qui ttsgarde la double rtconciliation qu'on me reproche , je déclare , par arauee, qtie je ne me rendrai jjnBiai» «ur ^t article. Àtrcc élève Plisthène pour faire périr un jour Thyeste par les mains de son propre &tê1 surprend un ser* ment à ce jeune prince, qui désobéit cependant, à la vue de Thjeatel Atrée n'a donc plu»' de ressource que dans la dissimulation c il ^nt une pitié qn'îF ne peut s.eutir. It se sert ensuite 'des moy-ens les plus violents pdur' obliger Plistbètte à exécuter son serment ; ce qu'il refuse de faire. Atrée , qci v«ut se venger de Tbi^ste d'une manière digne de lui f ne peut donc avoir recours qu'à une .seconde réconciliation. J'ose dire que tout ce qu'un fourbe peut emploj'er d'adresse est mis en couvre par ce prince cruel. Il est impossible que Th^reste luimême , fÙt-il aussi fourbe que son frère ^ ne donne dans le piège qui lui eait tendu. Ou n'a qu'& lire la pièce sans préventioii , l'on verra que je n'ai point tort f et, ^ si cela est, plus Atrée estfoQii>e, et mieux j'ai rempli bou caractère,' puisque la trahison et la dissimulation sont presque toujours inséparable» de la cruauté* ' •
7llÉrACE> Et
Cette pr.éface ne concerne que la première édition de mes œuTres i et j'ai cm deyoir: la laisser telle qu'elle est entre les maii^s de tout le monde : mais comme le public , à l'égard d'AxatE^ ne s'est point piqué, chns ses jugements, de cette 'pré* tendue infaillibilité que j'ai dsé lui reprocher, il est bien juste , puisqu'il a changé de sentiment , que je change de stjle, et que je âtfse succéder là reconnoissance aux plaintes : bien entendu que je ne les lui épargnerai pas , s'il s'avise jamais de ne prendre plus a quelques unes de mes pièces le même plaisir qu'il f a pris autrefois.
• ir»'^ ^r^'y»
PERSO r^N^GES.
T S T Sfif £ , soi de Hyçhmm ; Mre. àJ^imfe, H.(ST&t»fE, fils d'iSrqpe^t âeHbj«Me, o»u iils
d'AtrÂs.
THÉODAMTS, fi}le de T|i7éét6.
E U R I S T H ÊNE , confideni; d'Atrëe.
A L G I ¥ 1$ P N ; ofi^cier 4e la Sçtte.
THESSANIJiRE^ cçR^^enf d^ fai^t^^èji^i^.
LÉOinDE, confidente de Théo^amie.