ACTE r, se EN JE II J
Songez que rien ne peut mieux remplir votre envie Que le barbare soin de prolonger sa. vie.
Accablé des malbeurs qu*il éprouve aujourd'hui,
Le laisser vivre encor, c'est se venger de lui.
Que je l'épargne y moi ! lassé de le poursuivre.
Pour me venger de lui que je le jaisse vivre !
Ab ! quels que soient les maux que Thyeste ait soufTertf g
11 n'aura contre moi d'asile qu aux enfers :
Mon implacable cœur l'y poursuivront encore.
S'il pouvpit s'y venger d'un traître que j'abborre.
'Après l'indigne auront que m'a fait son amour,
Je serai sans Ib^onheur' tant qii^il verra lé' jour.
Un ennemi qui peut* ji^ardônner une ofiensë, ' '
Ou manque de courage, ou manque de puissance.
Rien ne peut arrêter mes transports fiu-ieux : '
Je vondrois me venger, fût-ce même des dieux. '
Du plus puissant de tous j'ai reçu la naissance j
Je le sens au plaisir que me fait là vengeance.
Enfin mon cœur se plaît dans ceRe i^pnitié;
Et s'il a des vertus, ce n'est pas la pitié.
Ne m'oppose donc plus un' s^ig que je déteste ;
Ma raison m'abandonne , au seul nom de Tbyeste ;
Instruit par ses fureurs & ne rien mi^nager,
Dans les flots de ssn sang je voudroLs le plonger.
Ctu'il n'accuse que liii du mal&eur qui l'accable;
Le sang qui nous unit me rend-il seul coupable ?
D'un criminel amour le perfide enivré
A-f-H eu quelque égard pour un nœud si sacr^?
tS ATBfeE ^T TliVÉSTE.
Mon oœar, qai saps pitie lui déclare Ta guerrç, Vt cherche, à le punu- qa au àérnît da tonnëire*
FURIATHE'NE.
Depuis vingt ans éntfers ôe oourrotii: affoifin' ' Sexnbloit partant bûsaer Th jatte dans ToubU.
Dis plutôt qp.*lk punir mon ame ingénieuse
Mëditoit dès ce temps une vengeance afireuse : .
Je n'ëpargnois llngrat que pour mieux raccàbler :'
CTest un projet enfin à te faire trembler.
Instruit des noirs transports où toon ame est livrée ,
Lis mieux dans le secret et dans le cœur d Atrëe :
Je ne veux découvrir Tim et l'autre qu'à toi:
Et )e te les cachois , sans soupçonner ta foi.
Écoute, n te souvient de ce triste liyménëe
Qui d'^rope à mon sort unit la destinée :
Cet hymen jx» mettoit^u comUe de mes vœux ;
Mais à peine aux autels j'en eus torztié les nœuds ,
Qu'à ces mêmes -autels, ,èt parla main. d'un frère ,
Je me vis àdever'une épouse si chère.
Tes yeux forent témoins des transports de m^u cœur :
A peine mon qmour egaloit ma fureur ;
Jamais amant trahi ne l'a plus signalée.
Myoènes, tu le sais, sans pitié désolée.
Par le fer et le feu vit déchirer son sein ;
Bfon amiQur outragé me reiadit inhumain.
Enfin , par ma valeur ^rope recouvrée ,
Après un an , revint entre les mains d'Atrée;
Quo'iqtte 4éjà l'hymen , ou plutôt le à£;pit.
Eussent de|^is C9 te&ips mis une autlre en no^ Ih,
AÇT^l, ççïiii^ III. JI7
Malgré tous les ?tpPBs d'une ëpouse nouvelle ^ iErope à mes resards n'en parut que plus J^lle. Mais en vain mon afoour brûbit 4ç nouyeaiu; fçij^,, Elle avoit à Tb jfiiite qig»{^ Uij^ si^ Tgeux ;, Et liée à l'ingrat d'w»e f fscrM)^ cjtvi!9f?r . £rope, le dirniri^ ? eia «MK,pi9W Ifi^t S^^K^n^
Dieux ! qu'est-ce que j'entends J Quoi i Plisthène, seieneur Reconnu dans Argos peur votre successeur , Pour Totre fik, enfin?
• ATlis. ..,
Cest lui-même, Eutisdilne:
C'est €36 mÂBie guerrïef , c'est ce môme Pfistliine Que ma cour anjoùrdliui crtit encor ; sons ée nom. Frère de Mënëlas, frère d'Agamemnon.
Tu sais » pour me venger dé sa pèrfids mère,
A quel excès fetal me porta ma colère:
Henrenx , si le poison qui servit ma fttnHir ^
De mon indigne amour eût étovdSPi Tardeur !
Celui de l'infidèle ëdatoit pour T liyeste
An milieu des horreuvs du sort le phis funeste;
Je ne puis sans fi>ëmir y penser aujourd'hui :
£rope , en expirant , brûloît encor pour kii ;
Voilà ce qu'en ua mot surprit ma vigilance
A oenz qui de Tingrate avoient la eonfideBee*
( Il lui AOBtre mie lettre d'£rope. }
Lettre d'jErop^,
c D'Atrée en ce moment j'éprouve le courroux 1
88 aTrè^ et thyïste.
Cher Thyeste , et je meure sans regretter la vie .
Puisque je ne raimois que pour vivre avec vous,
Je ne murmure point qu'eUe'me soif l'aviè. *" ' '
Plisthène fut te fruit de nos tristes amours:
S'il passe jusqu'à vous , prenez soin de ses jours ;
Qu'fl fasse quelquefois lessottrenit son père
Du malheureux amoiy qn'ayoît pour lui sa mère. »
Juge de quels succès ses soins furent suivis :
Je retins à la'fois son billet et son fils.
Je voulus ëtoufièr ce monstre en sa naissance ,
Mais mon cœur plus prudent l'adopta par vengeance ;
Et , mutant dès-lors le plus'aflreux projet ,
Je le fis au palais apporter en secret. .
Un fils veooÂt de naître à ^nouvelle reifie ;
Pour remplir Aies projets , je le nommai Plisthène »
Et mis le f3s d'<£rope au berceau de çc fila>
Dont depuis m'ont prive les destins epnemis.
C'est sous un nom si cher qu'Argoç l'a vu paroitre.
Je fis périr tous ceux qui pouyoient le connottre j
Et y laissant ce sccce^ entre les dieux et moi ,
Je ne l'ai jusqu'ici confié qu'à ta foi, , . . ,
Après ce que tu sais , sans que je te l'apprejçs^
Tu vois à quel dessein j'ai conservé Plisthène,
Et , puisque la pitié n'a point sauvé ses }om%.$ .
A quel usager enfin j'en destine le cours.
EVRISTHÈSE.
Quoi ! seigneur , sans frémir du transport qui vous guide , Vous pourriez réserver Plisthène au parricide ?