‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 56 sur 157 · ACTE I, SCÈNE ly · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE ly

Tout semble en ce moment prescrire un infidèle. La mer mugit au loin, et le vent vous appelle : Le soldat, dont ce bruit a réveille l'ardeur, Au seul nom de son chef, se croit déjà yainepieurj 11 n'en attend pas moins de sa valeur suprême. Que ce qu'en vit Élis ^ Rhodes , cette île même : Et moi , que ce béro^ ne sert point à demi , J'en attends encor plus que n'en craint rennemî. Je oonnois de ce chef la valeur et le zèle ; Je sais que je n'ai point de sujet plus fidèle : Auîourd'hui cependant souffrez, sans murmurer « Que votre père encor cherche à s'en assurer.

L'affront est grand, l'ardeur de s'en venger e;ctréme ; Jurez-moi donc , mon fi]3 , par les dieux., par moî-mâooej ( Si le destin pouj nous se déclare jamais) Que TOUS me vengerez, au gré de m^ souhaits.

Oui , je puis m'en flatter , j[e ço^nois trqp Plisthène ; Plus ardent que moi-ti^éiqe, il seip^a ma haine ; A peine mon courroux égale son grand cœur :

Il vengera son père.

pxxsTa,t^5E;

Eq doutcsEriW^UAy Seigneur ?

Eh ! depuis quanéwa loi voin,e8fr-«Ue 8iiiq>eete ? Avez-vous des desseins que moa oosur ne r»pecte ? Ah ! si voua en jioutîeB, de OMm aang le pbs pur. .«•

Mon fils, sans en, douter je veux en être s^r.

Jurezrmoi q^u'à i^^ lois votqe maiq assetvi^ ^

Vengera mes affronts au gré. de mon envie.

9^ ATRÉEETTHYESTE.

'PLISTBÈHE.

Seignenr, je n'ai point cm que pour servir mon roi

n fallût exciter ni ma main ni ma foi.

Faut-il par dea serments que mon cœur vous rassure?

Le soupçonner, seigneur, c'est lui faire une injure :

Vous me verrez toujours contre vos ennemis

Remplir tons les devoirs de sujet et de fils.

Oui, j'atteste des dieux la majesté sacr^

Que je serai soumis aux volontés d'Atrée ;

Que par moi seul enfin son courroux assouvi

Fera voir à quel point je lui suis asservi.

AtriEe.

Ainsi, prêt k punir l'ennemi qui m'oflènse , . Je puis tout espérer de votre obéissance y Et le lâche, à mes yeux par vos mains égorgé, Ne triomphera plus de m'avoir outragé.

Aflez : que votre bras, à l'Attique funeste, S'apprête li m'immoler le perfide Thyeste.

PLISTHÈVE.

Moi, se^neur ?

ÀT&1ÉE.'

Otd, mon fils. D'où naît ce changement ?

Quel repentir succède & votre- empressement ? Quelle étoit donc l'ardeur que vous faisiez paroîtce? Tremblez-vous loraqu'â faut me dâivrer d'un tnitrc?

PLISTBÈN^.

lîon. Mais daignez m'armer pour un emploi plus benu : Je serai son vainqueur , et non pas son bourreau. Songez-vous bien quel nœud vous unit l'un et l'autre ? En répandant son sang, je répandrols le vôtre.

XCTIE t, SCÈNE IV. ^ 95

Ah seî^eur ! est-ce ainsi que Von surprend ma fol ?

ATltÉE«

Les dienz m'en sont garants; c'en est asçez pour noû

P.lrlfTHàBS.

Juste ciel! :: ,. i r •

J'eAtrfevoià dffiis -votre aone intcrdilt' De secrets s^stiments dont la mienne s'irthe. •'.'"-> Étoufiez des fegrets désonnais superflus; ■ '. •

Partez, obéissez, et ne répliquez plus.

Des bords athénien» §'a|tends quelque nduteHe: < ' • < > Vons, cependant, Tolez où rho&neur tous appelle :• Que ma flotte aveo von» se- dispose à partir; ^ Et quand tout sepa prêt, venez m'en aitcrtir : Je veux de ce départ être témoin moMBémOi

SCÈN E V.'

PLISTHÈNE, THESSANDRE.

PIISTBèHE. *

Qc^AT-JE fait, malheureux ! quelle imprudence extrême !

Je ne sais quel eflVoi s'empnre de mon coeur;

Mais tout mon sang se glaee, et je frémis d'horreur.

Dieux, que dans mes serments malgré moi j'intéresse»

Perdez le souvenir d'une indigne promesse ; .

Ou recevez ici le serment que je fais,

En dussé-je périr, de n'obéir jamais.

Mais pourquoi m'alarmer d'un serment si fhneste?

Que pent craindre un grand cceur quand sa venu lui reste?

94 ATI^ËE ET TRYE$TE.

AthèoiBf mjp ifëçppd cl'w tfëpw §loriOT ,

Et j*j coun m'affranchir d'un seraient odieux.

SonriTte tux maux cruels dont le destin m'accable,

Ce sét'oit ptua que lui m*en rendire un )oui; coupable.

pài , persécute, cbargé d'un crime atfreux ,

Véwové sans espoir d'un amour malheureux '

Malgré tant de m^is qu* je dMs encore,

La mortasl éémnmmsh Hvis dku qn^j'implore;

Th^ bffoieux de peuFoir armcher en un io«»

Ma (loire k mes serments, mon <NBar k «an vo^mii !

Que dites-vous, «ôgneur? Qw>i ! pouc MPft in^^^. . ..

PIISTSÈNS.

Peux-ta me condaspner, Hicssaadse 2 tu Vat tuA.

lïon, jamais plus ds grâce et plua de nuqeslé

N'ont distingué les tfaits de la diviniti

Sa beauté, tout enfin, jusqu'à son malheur même,

K'ofire en die qu'un front digne du diadème;

De superbes débris, une noble fierté,

Tout en elle du sang marque la dignité.

Je te dirai bien plus : cette même inconnue

Voit mon ame à regret dans ses fecs retenu#i

Et qui peut dédaignes mon amour et mon r^n^

Ne peiH être foimé que d'un iUvi9tre sang.

Quoi qu'il 69 api^ n^on oopur, channé de ce qu'il aime,

N'examine plus rien dans son vpapvff ^trém^.

Quel cœur n'eût-elle pas atten^n » just/es 4^eif3( !

Dans l'état où le sort Tint l'o^EH^ à meç yi»^ ».

Déplorobk jouet des vents e^ ^e l'orage «

Qui mép? m l'y poussant l'envioieat su rWagt,

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