‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 99 sur 157 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ATRÊE, THYESTE; EURÏSTHÈTÎE, apportai

la coupe i Gardes.

ATSifs:

Mais fapcr^is la coupe d» nos pèrea î Voîâ le noeud sacre de la paix de deux frères \ Elle vient à propos pour rassurer un cceur Qa*alarme en ce moment une indigne terreur.

Tel qui ponvoît encor se déSer d'Atrée En croira mieux peut-être \ la coupe sacrëe- Thycste.vcut-il^icn qu'elle achève en ce jour De réunir deux cceur» désunis par l'amour:

x48 ATRÉEETTHYESTE.

Pour engager un ifrère a plus de confiance,

Pour le oonvaincre enfin, donnez, que je commence.

(il ppend U coupe de la main d'Euristhèoe. ) THTESTE.

Je VOUS Taldëjà dit, Vous m'outragez, seigneur,

Si vous vous offensez d'une vaine frayeur.

Que voudroit dësonnais me ravir votre hainei^

Après m'avoir rendu mes états et Plisth^e?

Du plus afireux courroux quel que fÙt le projet,

Mes jours infortunés valent-ils ce bienfait ?

Euristhène, donn^ ^ laissez-moi l'avantage

De jurer le premier sur ce précieux gage.

Mon cœur, à son aspeet, de son trouble est remis :

Donnez. . . . Mais cependant je ne vois point mon fils.

( U prend la coupe des mains d'Atree. j

ATHÉE

^à ses gardes. ) ' ( ^ Tkyeste. }

Il n'est point de retour? Rassurez- vous, mon frère; Vous reverrez bientôt mie tête si chcre :

C'est de notre union le nœud le plus sacré; Craignez moins que jamais- d'en être sépare.

THYESTE

Soyez donc les garants du salut de Tbyesie,

Coupe de nos aïeux, et vous, dieux que j'atteste;

Puisse votre counx)ux foudroyer désormais

Le premier de nous deux qui troublera la paix î

Et vous, frère aussi cher que ma fille et Plisfbène.

Recevez de ma foi cette preuve certaine. . . .

Mais que vois-je, perfide? Ah grands dieux! quelle honrenr!

C'est du sang ! Tout le mien se glace dans mon cœur.

Page 1