SCENE I I
PLISTHENE, THÉODAMIE, ÏHESSAXDPvE, LÉOMDE.
PLISTHETÇE.
Mais que voi$-je, Thessandre? 6 ciel î quelle est ma
joie !
(à î héodamie.) Se peut-il qu'en ces lieux Plisthene vous revule ' L'uaiqiie objet des soins de mou cœnr épt rdu , IIela:> ! par quel bonheur nous esl-il donc rendu? Quoi ! c'est vous , ma princesse ! ah ! ma iureur
calmée Fait place à la douceur dont mon ame est charmée. Dieux! qu'allois-jetentei .* Mais quel est votre effroi? Qui fait couler vos pleurs? et qu est-ce que je voi?
THEODAMIE.
Seigneur, vous me voyez les yeux baignés de larmes.
Et le coeur agité des plus vives alarmes.
Thyeste va bientôt ensanglanter ces lieux,
Si VOUS ne retenez ce prince furieux.
Trop sûr que votre mort, que la sienne est jurée,
Il veut la prévenir par la perte d'Atrée.
Il eiTC en ce palais dans ce cruel dessein ,
Tout prêt à lui plonger un poignard dans le sein.
Il est perdu , seigneur , ce prince qui vous aime ,
Si vous ne le sauvez d'Atrée, ou de lui-même.
Il voit de tous côtés qu'on observe ses pas ;
Le péril cependant ne 1 épouvante pas.
Si la pitié pour nous peut émouvoir votre ame,
Si moi-même en secret j'approuvai votre Hammic,
S'il est vrai que lamour ait pu vous attendrir,
Au nom de cet amour daignez le secourir.
Je vous dirois qu'un cœur plein de reconnoissanc»
t3<? atrée et thyeste.
D un service si grand sera la récompense , S'il avoit attendu que tant de soins pour nous Vinssent justifier ce qu'il sentoit pour vous.
PLI STH E N E.
Dissipez vos frayeurs , et calmez vos alarmes ; i Vos yeux, pour m'attendrit, n'ont pas besoin de
larmes.
Hélas ! qui plus que moi doit plaindre vos malheurs? Ne craignez rien ; mes soins ont prévenu vos pleur». De ces funestes lieux votre fuite assurée Ta vous mettre à couvert des cruautés d'Atrée; Et je vais, s'il le faut, aux dépens de ma foi, Prouvera vos beaux yeux ce qu'ils peuvent sur moi. Oui , crovez-en ces dieux que mon amour atteste, Croyez-en ces garants du salut de ïbyeste : lî m'est plus cher qu'à vous : sans me donner la mort , Le roi ne sera point l'arbitre de sou sort. Votre père vivra ; vous vivrez ; et Plisthene jS'aura point eu pour vous une tendresse. vaine. Je sauverai Thyeste. Eh ! que n'ai-je point fait.^ JLIclas! si vous saviez d'un barbare projet A quel prix j'ai déjà tenté de le défendre... Venez; pour lui, pour vous, je vais tout entreprendre ; Heureux si je pouvols , en vous sauvant tous diux , Près de ne vous voir plus , expirer à vos yeux !