TH TE STE
Je vous l'ai déjà dit, vous m'outragez, seigneur, Si vous vous offensez d'une vaine frayeur. Que voudroit désormais me ravir votre haine , Après m'avoir rendu mes états et Plisthene? Du plus affreux courroux quel que fût le projet, Mes jours infortunés valent-ils ce bienfait? Eurysthene, donnez; laissez-moi l'avantage De jurer le premier sur ce précieux gage. Mon cœur, à son aspect , de son trouble est remis ; Donnez. Mais cependant je ne vois point mon fils.- {il prend la coupe des mains d'Atrée. )
ATR É t.
{à ses ga rdes . ) (à Thyes te . )
Il n'est point de retour? rassurez-vous , mon frère ; Vous reverrez bientôt une tète si chère : C'est de notre union le nœud le plus sacré ; Craignez moins que jamais d'en être séparé.
T H YESTE.
Soyez donc les garants du salut de Thyeste ,
Coupe de nos aïeux, et vous, dieux que j'att^te.
Puisse votre courroux foudroyer désormais
Le premier de nous deux qui troublera la paix !
Et vous , frère aussi cher que ma fille et Plisthene ,
Recevez de ma foi cette preuve certaine.
Mais que vois-je, perfide? Ah ! grands dieux ! quelle
horreur !
C'est du sang ! tout le mien se glace dans mon cœur. Le soleil s'obscurcit; et la coupe sanglante Semble fuir d'elle-même à cette main tremblante. Je me meurs. Ah! mon fils, qnètes-vous devenu?
i54 ATREE ET THYESTE.
S C E > E VIII
ATRÉE, THYESTE, THÉ OD AMIE, ELRYSTHENE, LÉOMDE, gardes.
THÉODAMIE.
L'avez-vous pu souffrir, dieux cruels? qu'ai-je vu ? Ah, seigneur! votre lils, mon déplorable frère, "Vient d'être pour jamais privé de la lumière.
THYESTE
Mon fils est mort , cruel , dans ce même palais , Et dans le même in^nt où l'on m'offre la paix ! Et, pour comble d horreurs, pour comble d'épc)U-
vante.
Barbare , c'est du sang que ta main me présente 1 O terre , en ce niomeut , peux-tu nous soutenir.-* O de mon songe affreux triste ressouvenir ! Mou lils, est-ce ton sang qu'on offroit à ton pcre.'
ATRÉE- N
Méconnois-tu ce sang.'