ARCAS
Non, n'attendez rien d'elle.
Madame , en vain pour vous j 'ai fait parler mon zèle : Eux-mêmes, à regret, ces trop prudents amis S'en tiennent au secours qu'on leur avoit promis. Qu'Oreste, diseut-ils, vienne par sa présence Rassurer des amis armés pour sa vengeance. Palamede , charge d élever ce héros , Promettoit avec lui de traverser les flots ; Son fils même avant eux devoit ici se rendre. C'est se perdre, sans eux, qu'oser rien entreprendre ; Bient ')t de nos projets la mort seroit le prix. D'ailleurs, pour achever de glacer leurs esprits, On dit que ce guerrier, dont la valeur funeste Ne se peut comparer qu'à la valeur d'Oreste, Qui de tant d'ennemis délivre ces états, Qui les a sauvés seul par l'effort de son hras. Qui , chassant les deux roi* de Corinthe et d'Athènes,
i(î<i KLECTRE.
De morlselde mouraals vient de couvrir nos plaines,
Hier, avant la nuit, parut daus ce palais ;
Cet étranger, qu'Egistbe a combié de bienfaits,
A qui ce tyran doit le salut de sa fille.
De lui, d'Itys, enlin de toute sa famille.
Est un rempart si sur pour vus persécuteurs,
Que de tous nos amis il a glacé les cœurs.
An seul uom du tyran que votre aroe déteste ,
On frémit ; cependaut on veut revoir Oreste.
]Mais le jour, qui paroît, me chasse de ces lieux :
Je crois voir nu-nie Itys. Madame, au nom des dieux,
Loin de faire éclater le trouble de votre arae,
Flattez plutôt d'Itvs l'audaci-'usc flamnu- :
laites que votre hymen se diffère d'un jour;
Peut-être verrons-nous Oreste de retour.
ELECTRE
Cesse de me flatter d'une espérance vaine. Allez, lâches amis, qui trahissez ma haine, Electre saura bien, sans Oreste et sans vous, Ce jour même, à vos yeux, signaler son courroux.