ACTE I, SCENE VI. j^i
Avez pitié des maux où vous m'avez livrée; Pn'cipitez mes pas dans la nuit du tombeau, iVlais ne m'unissez pas au fils de mon bourreau, Au fils de l'inhumain qui me priva d'un père, Qui le poursuit sur moi, sur mon malheureux frere; Et de ma main encore il ose disposer ! Cet hvmca , sans horreur, se peut-il proposer? Tous m'aimâtes; pourquoi ne vous suis -je plir»
ch
ère
Ah! je ne vous hais point ; et, malgré ma misère. Malgré les pleurs amers dont j'arrose ces lieux. Ce n'est que du tyran dont je me plains aux dieux. Pour me faire oublier qu'on ma ravi mon père, Faites-moi souvenir que vous êtes ma mère.
CLYTEMNESTP. E.
Q^ae veux-tu désormais que je fasse pour toi ^ Lorsque ton hymen seul peut désarmer le roi? Souscris sans murmurer au sort qu'on te prépare , Et cesse de gémir de la mort d'un Ijarbare, Qui , s'il eût pu trouver un second llion , T'auroit sacrifiée à son ambition.
Le cruel qu'il étoit, bourreau de sa famille. Osa bien, à mes yeux, faire égorger ma lîllc!
ELECTRE
Tout cruel qu'il étoit , il ctoil votre époux : S'il falloit l'en punir, madame, étoit-ce à vous? Si le ciel, dont sur lui la rigueur fut extrême. Réduisit ce héros à verser son sang même , Du moins, en se privant d'un sang si précieux, Il ne le fit couler que pour l'offrir aux dieux. Mais vous, qui de ce sang immolez ce qui reste. Mère dénaturée et d'Electre et d'Oreste, Ce n'est point à des dieux jaloux de leurs autels, Vous nous sacrifiez au plus vil de* TnnrtpU,
172 LLECTRE.