‹ Œuvres de CrébillonChapitre 139 sur 502 · ACTE II, SCENE IV. iSg · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. iSg

Revenez d'ane erreur à tons les deux funeste. Qui? luoi I grands dieux ! qui ? moi î vous immoler

Oreste!

Ah 1 quand vous le croyez seul digne de mes coups, Savez-yous qui je suis? et me conuoissez-vous? Quaud même ma vertu n'auroit pu l'en défendre, N'eùt-il pas eu pour lui l'amitié la plus tendre? Ah I plût aux diiiix cruels, jaloux de ce héros. Aux dépens de mes jours, l'avoir sauve des flots! Mais helas I c'en est fait : Oreste et Palamede...

Ils sont morts? Quelle joie à mes craintes succède î Grands dieux, qui me rendez le plus heureux des rois, Qui pourra m'acquitter de ce que je vous dois? Mou ennemi n'est plus ! ce que je viens d'entendre Est-il bien vrai , seigneur? daignez au moins m'apprend re Comment le juste ciel a terminé son sort. En quels lieux , quels témoins vous avez de sa raorf.

Mes pleurs. Mais au transport dont votre ame est

éprise , Je me repens déjà de vous l'avoir apprise. Vous voulez de sou sort en vain vous éclaircir; Il me fait trop d'horreur, à vous trop de plaisir: Je ne ressens que trop sa perte déplorable. Sans m'imposer encore un récit qui m'accable.

Je ne vous presse plus , seigneur, sur ce récit ; Oreste ne vit plus ; son trépas me suffit. Votre pitié pour lui n'a rien df>nt je m'offense ; Et quand le ciel sans vous a rempli ma vengeance. Puisque c'est vous du moins qui me l'avez appris, .le crois vous en devoir toujours le même prix: Je vous l'offre, acceptez-le; aimons-nous l'un et

l'autre :

igo ELECTRE.

Vous fîtes mon bonheur ; je veux faire le vôtre. Sur le trône d'Argos désormais affermi, Qu'Egisthe en \ous , seigneur , trouve un gendre ,

un ami.

Si sur ce choix votre ame est encore incerfiiine, Je vous laisse v penser, et je cours chez la reine.

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