‹ Œuvres de CrébillonChapitre 197 sur 502 · ACTE III, SCEXE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCEXE V

Que ma rag" a poussé jusqu'à la haibarie, Apres taiit de fureurs, tst-ce vous, Zénobie?

Zénobie! ah,gi-aiiJsdieui : Cruel, mais cher épour, Apres tant de maihfurs, lihadauiisthe, est-ce vous?

Se peut-il que vos yenx le puissent méconnoître? Oui , je suiS ce cruel , cet inhumain , ce traître, Cet époux m«urtritr. Plut au ciel qu'aujourd'hui Vous eussiez, oublie ses crimes avec lui ! O JietLs., qui la rendez à ma douleur mortelle, Que w- lu. rendez-vous uu époux digue d'elle î Par qu»'! bonheur le Ciel, touche de mes regrets, Me pernict-il encor de revoir tant d'attraits? Mais, heias '. se peut-il qua la couv de mon père Je trouve dans les fers uue ép<!use si chère? Dieux! n'ai-je pas assez gtuii de mes .or.'aifs. Sans m'accabler encur de ces trisl» s objets? O de mon desespoir victime trop a.mable. Que tout ce que je voiS rend votre époux coupable!' Quoi! vous versez des pltuis?

Malheureuse! eh ! comment N'en répandrois-je pas daus ce fatal moment? Ah, cruel I plut aux dieux que ta main ennemie IN'eut jamais attente qu'aux jours de Zenobie ! Le cœur, a ton aspect, desarmé de courroux, Je l'erOiS mon bouh»^ur de revoir mon époux; Et l'amour, s'honorant de ta fureur jalouse. Dans tes bras avec joie eut remis ton épcuse. Ne crois pas cependant que, j^onr toi sans pitié, Je puisse te revoir avec iniiuitié.

rhadâmisthe.

Quoi! loin de m'accabler, grands dieux! c'est

Zénobie Qui craint de me haïr, et qui s'en justifie ! -

/.-î RTIADAMISTHE ET ZÉ'TORIE.

Ali ! punis-moi plutôt ; ta funeste bonté, Même en me pardonnant , tient de ma cruauté. N'épargne point mon sang, cher objet que j'adore; PrÏTe-moi du bonheur de te revoir encore.

{il se jette a ses ^^eiioux.) ïïaut-il, pour t'en presser, embrasser tes genoux.^ Songe au prix de quel sang je devins ton époux. Ju.sques à mon amour, tout veut que je périsse. Laisser le crime en paix , c'est s'en rendre complice. Frappe; mais souviens-toi que, malgré ma fureur, Tu ne sortis jamais un moment de mon coeur; Que, si le repentir tenoit lieu d'innocence. Je n'oxciterois plus ni haine, ni vengeance; Que, malgré le courroux qui te doit animer, Ma plus grande fureur fut celle de t'aimer.

z lî N O B I E.

Leve-toi ; c'en est tvoji. Puisque je te pardonne, Que servent les regrets où ton cœur s'abandonne.^ Va, ce n'est pas à nous que les dieux ont remis Le pouvoir de punir de si chers ennemis. Nomme-moi les climats où tu souhaites vivre ; Parle : dès ce moment je suis prête à te suivre, Sùve que les remords qui saisissent ton cœur Naissent de ta vertu, plus que de ton malheur. Heureuse, si pour toi les soins de Zénobie Pouvoient un jour servir d'exemple à l'Arménie, La rendre comme moi soumise à ton pouvoir, Et l'instruire du moins à suivre son devoir!

RH An AMISTH E.

Juste ciel ! se peut-il que des nœuds légitimes Avec tant de vertus unissent tant de crimes.** Que Ihymen associe au sort d'un furieux Ce que de plus parfait firent naître les dieux .^ Quoi ! tu peux me revoir, sans que la mort d'un perc, Sans que mes cruautés, ni l'amour de mon frère, Ce prince , cet amant si grand , si généreux ,

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