SCENE III
PHABASMANE, ARSAME, MITRANE, garuls.
PHARASMANE, à Arsauie. Traître, c'est devant lui que je veux te confondre. Je veux savoir du moins ce que tu peux répondre ; Je veux voir de quel oeil tu pourras soutenir Le témoin d'un complot que j'ai su prévenir j Et nous verrons après si ton làcbe complice Soutiendra sa fierté jusque dans le supplice. Tu ne me vantes plus ton zèle, ni ta loi.
ARSAME.
Elle n'en est pas moins sincère pour mon roi.
PHARASMANfc.
Fils indigne du jour, pour nie le faire croire, Fais "que de tes projets je perde la mémoire. Grands dieux ! qui connoissez ma haine et me»
desseins, Ai-je pu mettre au jour un ami des Romains?
ARSAME.
Ces reprochçs honteux, dont en vain l'on m'accable, Ne rendront pas , seigneur, votre iils plus coupable. Qxxc sert de m'outrager avec indignité?
Donnez-moi le trépas, si je l'ai mérité: Mais ne vous flattez point que tremblant pour ma vie Jusqu'à la demander la crainte m'humilie. Qui ne cherche en effet qu'à me faire périr En faveur d'un ri val pourroit-il s'attendrir? Je sais que prés de vous, injuste ou légitime. Le plus léger soupçon tint toujours lieu de crime, Que c'est être proscrit que d'être soupçonné, Que votre cœur enfin n'a jamais pardonné. De vos transports jaloux qui pourroit me défendre, Vous, qui m'avez toujours condanané sans m'entend re?