‹ Œuvres de CrébillonChapitre 213 sur 502 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

ÀRSAME, MITRA NE, gardes.

Dieux, témoins des fureurs que le cruel médite, L'abandonnercz-vous au transport qui Tagite? Par quel destin faut-il que ce funeste jour Charge de tant d'horreurs la nature et l'amour? Mais je devois parler; le nom de fils peut-être.,. Hélas ! que m'eut serxi de le faire counoitre ? Loin que ce nom si doux eût fléchi le cruel , " Il n'eût fait que le rendre encor plus criminel. Que dis-je ? malheureux ! que me sert de me plaindre.' Dans l'état où je suis, eh! qu'ai-je encore à craindre? Mourons ; mais que ma mort soit utile en ces lieux A des infortunés qu'abandonnent les dieux. Cher ami, s'il est vrai que mou père inflexible Aux malheurs de son lils te laisse un cœur sensible, Daas mes derniers moments à toi seul j'ai recours. Je ne demande point que tu sauves mes jours ; Ne crains pas que pour eux j 'ose rien entreprendre : Mais si tu conuoissois le sang qu'on va répandre, Au prix de tout le tien tu voudrois le sauver. Suis-moi ; que ta pitié m'aide à le conserver. Désarmé, sans secours, suis- e assez redoutable Pour alarmer encor ton cœur inexorable?

Pour toute grâce enfin, je n'exige de toi Que de guider mes pas sur les traces du roi.

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