SCENE VII
DARIUS, AMESTRIS, PHÉNICE.
DARIUS
Quoi ! madame, c'est vous.^ et le ciel irrité Me laisse encor jouir de ma félicité î Que mou cœur est touché ! qu'une si chère vue Calme le désespoir de mon ame éperdue ! Malgré tous mes malheurs... Mais , qu'est-ce que je voi.^
AMESTRIS.
On disoit qu'en ces lieux je trouverois le roi ; Le dessein de l'y voir est le seul qui me guide, Et non l'indigne soin d'y chercher un perfide.
DARIUS
Moi, perfide ! qui? moi ! dieux! qu'est-ce que j'entends.-*
AMESTRIS.--
Cesse de feindre, ingrat ; tes vœux seront contents ; Mais n'attends pas ici que j'éclate eu iujures : Je laisse aux dieux le soin de punir les parjures : Ta, cours oii te rappelle un plus doux entretien. Et songe pour jamais à renoncer au mien.
90 XEL-XÉS.
DARIUS, snd.
O mort ! des malheureux triste et chère espérance, vTiniplore désoruiais ta funeste assistance. J'éprouve en ces moments, si dtuuourenx pour
moi.
Des tourments plus cruels et plus arfreux que toi. Dieux, qui si-mbiez vous iaire une loi rigoureuse De rendre la vertu pesante et malheureuse, Qui, la foudre à la main, l'erùa^ez jiarmi nous Pour ne nous rien laisser qui nous égale à vous. Contentez-vous d'avoir presque ébranlé la mienne; Souffrez qu'un saint respect dans mon cœur la retienne ; Que je puisse du moins, malgré tout mon courroux. D'un reste de vertu vous rendre encor jaloux.