‹ Œuvres de CrébillonChapitre 260 sur 502 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ARTABAN, Je///.

Amour d'un vain renom, foiblesse scrupuleuse. Cessez de tourmenter une ame généreuse ,

Digne de s'affranchir de vos soins odieux:

Chacun a ses vertus, ainsi qu'il a ses dieux.

Dès que le sort nous garde un succès favorable,

Le sceptre absout toujours la main la plus coupable;

Il fait du parricide un homme généreux.

Le crime n'est forfait que pour les malheureux.

Pâles divinités, qui tourmentez les ombres.

Et répandez l'effroi dans les royaumes sombres,

Venez voir un mortel , plus terrible que vous ,

Surpasser vos fureurs par de plus nobles coups.

Du plus illustre sang ma main bientôt fumante

"Va tout remplir ici d'horreur et d'épouvante;

Tout va trembler, frémir; et moi, je vais régner.

Vertu, c'est à ce prix qu'on peut te dédaigner.

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