ACTE PREMIER
s C K IN E I.
^GLAUCIAS, seul.
Vous, à qui j'offr« ici tant de vœux inutiles , Dieux vengeurs des forfaits, protecteurs des asyles, Que le soin de vous plaire et de voits imiter Contre un roi généreux semble encore irriter; Si les pleurs que j'oppose à vos décrets terribles, Si ma juste douleur vous éprouve inflexibles, Du moins ne laissez pas succomber n^a vertu Sous les divers transports dont je suis combattu. Glaucias ne peut-il, sans cesser d'être père, Soutenir de son rang rtugustc caractère ? O mon fils ! cher espoir, malheureux lUyrus, Fant-il livrer ta tète , ou celle de Pyrrhus ? Voici le jour fatal qui veut que je décide Entre l'ami parjure et le père homicide. Il ne m'est plus permis d'accorder dans mon cœur Les droits de la nature avec ceux de l'honneur. L'une attend tout de moi , ma foi doit tout à l'autre. J'ai rempli mon devoir ; dieux, remplissez le vôtre. "Vous fûtes les garants des serments que je fis ; Sauvez-moi du parjure, ou me rendez mon fils. Barbare Cassander, traître ISéoptolème, Est-ce à vous que je dois livrer la vertu même.'
l'rappez, dieux tout-puissaiits ; c'est assez protéger Deux tyraas dont la foudre auroit dû me venger. Laisserez-vous Pyrrhus, votre plus digne ouvrage, En proie aux noirs projets de leur jalouse rage? Est-ce nu crime pour lui que d'avoir mérité De jouir, comme vous, de l'immortalité?
El n'est-ce point assez qu'une main parricide Ait terminé les jours de l'illustre Aeacide? Ahandonnerez-vous son fils infortuné Au malheur qui poursuit le sang dont il est né? Non, il ne mourra point ; le mieu en vain l'ordonne. Je dois tout à Pyrrhus, ma gloire, ma couronne, Et la vie ; et , pour dire encor plus pour un roi , Te lui dois d'un ami le secours et la foi;
11 ne l'éprouvera légère ni perfide.