ACTE I, SCENE Yll. 2x
Hasarder le succès d'un malheureux amour ; Quels que soient les transports dont mon ame est
saisie.
Je sens que les plus grands sont tous pour Ericit, Mais Illyrus paroit, sortons.
ILLYRUS, HÉLÉNUS, GARDES.
ILLT RU s.
Prince, un moment.
J'ai besoin arecvous d'un éclaircissement.
'à ses garde .) Gardes, éloignez-vous. Répondez-moi, mon frère; Puis-je avec vous ici m' expliquer sans mystère?
Oui, seigneur , vous pouvez parler en liberté.
I L L YR V s.
QJmez donc les soupçons dont je suis agité. Avec empressement voas cherchez Ericie, Et je ne puis souftrir vos soins sans jalousie ; Vous savez que je l'aime , et voas n'ignorez pas Que l'hymen à mou sort doit unir tant d'appas, Avec elle en ces lieux que faisiez-rous encore.'' Parlez.
Je lui disois, seigneur, que je l'adore,
ILLYRUS.
Hélénus , songez-vous que vous parlez à moi , Et qu'IUyrus un jour doit être votre roi ^
Je vous obéirai quand vous serez mon maître, Si le destin m'abaisse au point den reconnoître. Jusque-là mon amour craint peu votre pouvoir. Je sais jusqu'où s'étend la règle du devoir :
aa PYRRHUS.
Maïs j'ignore, seigneur, ces trislcs sacrifices Qui font gémir un cœur en d'éternels supplices ; Le mien , qui ne conuoît ni crainte , ni détour , Regarde dun même œil et la guerre et l'amour. Sans le péril affreux dont le sort vous menace Vous verriez sur ce point jusqu'où va mon audace; Mais Hélénus, sensible autant que généreux , N'a jamais su, seigneur, braver les malheureux. Si l'amour vous livroit le cœur de la princesse , ]Ma fierté suflîroil pour bannir ma tendresse ; Mais si l'amour aussi daigne me l'accorder , Jusqu'au dernier soupir je saurai le garder. Adieu , seigneur.