‹ Œuvres de CrébillonChapitre 36 sur 502 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

IDOMÉNÉE, seul.

Ainsi donc tout menace une innocente vie ! O mon fils ! faudra l-il qu'elle te soit ravie? A des dieux sans pitié ne le pnis-je arracher? Quel asyle contre eux désormais te chercher? Que n'ai-je point tenté ! Je t'offre ma couronne ; Lin départ rigoureux par moi-même s'ordonne: Je crois t'avoir sauvé, quand j'y puis consentir; Et les ondes déjà s'ouvrent pour t'engloutir. Fuis cependant, mon fils.., l'orage qui s'apprête Est le moindre péril qui menace ta tête. Quoique je n'aie , hélas ! rien de plus cher que toi , Tu n'as point d'ennemis plus à craindre que moi, (> mon peuple ! ô mon fils : promesse redoutable ! Roi, père malheureux! dienx cruels î vœu coupable! O ciel 1 de tant de maux toujours moins satisfait , Tu n'as jamais tonné pour un moindre forfait. Et vous, fatal objet d'une flamme odieuse, Erixeue, à mon cœur toujours trop précieuse, Fuyez avec mon fils de ces funestes lieux; Pour tout ce qui m'est cher j'y dois craindre le» dieux.

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