‹ Œuvres de CrébillonChapitre 40 sur 502 · ACTE III, SCENE Y. 6i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE Y. 6i

IDOMÉ^CÉF.

Voilà l'unique fruit qu'il en falloit attendre. D'un amour criminel quosiez-vous doue prétendre? Et quel étoit l'espoir de vos coupables feux. Quand chaque jour le crime augmentoit avec eux? Qu'Erixene à mes yeox fut odieuse ou chère. Vos feux également bffensoient votre père. Je veux bien, cepe^f^nt, juge moins rigoureux, Vous eu accorder , prince , un pardon généreux : ^lais pourvu que votre ame, à mes désirs soumise, Renonce à tout l'amour dont je la vois éprise.

IDAMANTE.

Ah! quand même mon coeur oseroit le vouloir, Aimer, ou n'aimer pas, est-il en mon ponvoir? Je combattrois en vain une ardeur téméraire ; L'Amour m'en a rendu le crime nécessaire. Malgré moi , de ce feu je vis mon cœur atteiiit ; Peut-être, malgré moi, je l'y verrois éteint. Mais ce cœur, à l'amour que je n'ai pu soustraire, Dans le rival da moins aime toujours un père. Par un nom si sacré, tout autre suspendu...

Dans le nom de rival tout nom est confondu. Vous n'êtes plus mon fils , ou peu digne de l'être ; Je vois que tout mon sang n'en a formé qu'un traître.

IDAMAXTE.

Où fuirai-je? grands dieux I De quels noms ennemis Accablez-Tousi seigneur, votre malheureux fils! Ah ! quels noms odieux me faites-vous entendre î Quelle horreur pour un fils respectueujc et tendre ! Songez-vous que ce fils est encor devant vous, Ce fils long-temps l'objet de sentiments plus doux? Brûlant d'un feu cruel que je ne puis éteindre, Vous niedevez,seigneur,moinshairquemeplaindrej Et si ma flamme enfin est un crime si noir. Vous êtes bien vengé par mon seul désespoir.

CRÉBILLOjr. I . G

6^ IDOMÉ^'ÉE.

Cessez de la'envier une importune flamme. Odieux à l'objet qui sait charmer mon ame, Abhorré d'un rival «jue j "aimerai toujours. Seigneur, voilà le fruit de mes tristes amours. Mais puisque de ce feu qui toas deux nous anime Sur mon cœur trop épris esnk^é tout le crime , .le saurai m'en punir ; et je seBfcpc ce cœur Vous craint déjà bien moins (^^sa propre fureur. Désormais tout en proie au transport qui me guide, Je vous délivrerai de ce fils si perfide. Si mon coupable cœur vous trahit malgr* moi, Mon bras, plus iunoccnt, saura venger mou roi : Ce n'cat pas d'aujourd'hui qu'il sert votre veugcanc*; El je vais en punir ce cœur qui vous offense.

( ii tire son èpée. ) Soyez donc satisfait...

iDOMÉxÉE, l'arrétaht.

Arrêter, furieux...

IDAMAXTE.

Laissez couler le sang d'un rival odieux.

lOOMÉirÉE.

Mon fils...

I D A MAIf TE.

D'nn nom si cher m'honorez- vous encore.' Laissez-moi me punir d'un feu qui me dévore.

IDOMÉnÉE.

Ma vertu jusque-là ne sauroit se trahir... Va, fils infortuné... je ne te pnis haïr...

IDAMATfTE.

An! seigneur...

IDOMÉHÉE.

Laissez-moi, fuyez ma triste •vue ; ?^e renoirvelons plus uu discours qui me tue.

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