F U L VI E
Qui donc ai-je trahi, ministre ambitieux?
Et quelle foi doit-on à des séditieux?
La garder aux méchants , c'est partager leurs crimes.
Mais je voi* que Probes connoit peu ces maximes;
Et je sais, quand la haine enflamme vos pareils,
Jusqu'où va la noirceur de leurs lâches conseils ,
Sur-tout dés qu'il s'agit de venger leurs injures.
César est désigné souverain des augures ;
Cicéron a brigué pour ce rival heureux ,
Et le place en un rang dont on flattoit vos Toeux ;
Catilina d'ailleurs vous étoit favorable.
Le moyen qu'à vos yeux je ne sois point coupable,
Moi qui viens de sauver uc consul odieux ,
Qui s'est osé jouer d'un ministre des dieux ;
Qui , de sa dignité dépositaire habile ,
Plein de faste aux autels , et près des grands servile,
Sur l'espoir de leurs dons mesure sa ferveur,
Et n'adore en effet que la seule faveur !
Mon devoir m'ordonnoit de sauver la patrie :
Imitez-le, ou gardez vos conseils pour Tullie.
Croyez-moi, terminez dimprudentes leçons
Qui ne font qu'irriter ma haine et mes soupçons :
Cessez de me flatter qu'où peut maimer encore;
J'ai trop VTi la beauté que l'inlidele adore :
Mes yeux avant ce jour ne la counoissoient pas ;
Mais vous me payerez ses funestes appas :
C'est vous qui leur gagnez sur moi la préférence j
Moi que dèshonoroit la seule concurrence.
c,6 CATILI^^A.
Pourquoi d« cet hymeu m'a-t-on fait un secret? Et pouiqnoi, s'il est feiat, m'en cacher le projet? Traître, ce n'est pas vous qui deviez me l'apprendre ; Mais On croit n'avoir rien à craindre d'un cceur
tendre :
Sacliez que d'un secret à demi confié , Dès qu'on peut une fois percer l'autre ïnoitiê. On est toujours ea droit d'eu trahir le mystère ^ Et qu'on ne doit plus rien à qui nous l'ose faire.
Hé bien ! perdez, madame , ua homme généreux Oui vent briser les l'ers de tant de malheureux; Vengez votre beauté d'un ajnant infidèle. Et votre orgueil blessé des projets qu'il vous cdej D'un long embrasement devenez le flambeau. Et nous ouvrez à tous les portes du tombeau. Mais Clalilina vient ; évitez sa présence,