ACTE IV, SCENE II
r. -i.TI LI N A.
Que mes armes, consul , ne blessent point vos yeux ; IVIals sur ce nouveau crime avait que de répoudre S'jufirez sur d'autres points que j'ose vous confondre :
Auriez-vous oublié que je vous l'ai promis ? (^uoiqu'à votre pouvoir vous ayez tout soumis , J'espere cepeadaut qu'où daignera m'entendre, Et c'est eu citoyen que je vais me défendre; J'abdique pour jamais le rang de sénateur. Pardonnez, Cépion, Crassus, et vous, préteur ; Antoine, à votre tour souffrez que je vous nomme Parmi les e^nemis du sénat et de Rome : César ne paroit poiût, mais je vois Cétbégus:. Il ne nous manque plus ici qu un Spartacus ; Car eutre nou^ et lui, grâce à son imprudence, Le vertueux Caton met peu de différence. Eh bien! pères conscripts, ètes-vous rassurés? Tous voyez d'un coup-d'œil l'état des conjuré». Leurs cbefs et leurs soldats , cette nombreuse armée Qo.nt Rome eu ce moment est si fort alarmée ; Ces périls enfantes par les folles erreurs D'un témoin dont Tullie adopte les fureurs : C C3t sur ce seul témoin qu'une beauté si chère Me croit dans le dessein d'assassiner son père, D'é3,orger le sénat ; et vous le croyez tous I ZuaLheureux que je suis d'être né parmi vous ! Svlla vous mépris'oit ; et moi, je vous déteste : De nos premiers tyrans vous n'êtes qu'un vil reste ; Juîfes sans équité, magistrats sans pudeur, Qui de vous commander voudroit se faire honneur? Et vous me soupçonnez d'aspirer à l'empire. Inhumains, acharnés sur tout ce qui respire ; Qui depuis si long-temps tourmentez l'univers! Je hais trop les tyrans pour vous donner des fers.
CRÉBILLOîï. 3. II
CATO JT.
A quoi te servi roit cette troupe cruelle One ton palais impur et vomit et recelé, Qui le jour et la nuit semant par-tout Teffrol, Ministres odieux de tes fureurs... ,
CATILIÎÎA.
Tais-toi.
Il est vrai qti'autrefois , plus jeune et plus sensible, ( Vons l'avez ignoré ce projet si terrible, Vous l'ignorez encor) je formai le dessein De vous plonger à tous un poignard dans le sein : L'objet qui vous dérobe à ma juste colère Ne parloit point alors en faveur de son père; Mais un autre penchant pins digne d'un Romain M'arracha tout-à-coup le glaive de la main : Je sentis malgré moi l'amour de la patrie S'armer pour des cruels indignes de la vie. Aujourd'hui, que tout doit rassurer les esprits, Une femme en fureur les trouble par ses cris; A ses transports jaloux tout s'alarme, tout tremble, Et c'est pour les semir que le sénat s'assemble ! C'est sur ses vains rapports qu'un homme impétueux Veut perdre ce que Rome eut de plus vertueux; Orgueilleux citoyen, dont l'austère sagesse Est moins principe en lui qu'un fruit de sa rudesse; Tyran républicain, qui malgré sa vertu Est le plus dangereux que Rome ait jamais eu : Par lui seul d'entre nous la concorde est bannie ; C'est lui qui, du sénat détruisant l'harmonie. Fomente la chaleur de nos divisions , Et nous force d'avoir recours aux factions. Mais il veut gouverner; hé bien! qu'il vous gouverne , Qu'il triomphe à son gré d'un sénat subalterne, Qui , lâche déserteur de son autorité.
N'en a pl'ùs que l'orgueil pour toute dignité.