ACTE III, SCENE Y II. Cî
Depuis qne le destin a fait des misérables On n'éprouva jamais de maux plus redoutables ; Je frémis des horreurs où ce peuple est réduit : Un gouffre sous Ida s'est ouvert cette nuit; Ce roc, qui jusqu'aux cieux sembloit porter sa cime, Au lieu qu'il occupoit n'a laissé qu'un abyme; Et de ce roc entier à nos yeux disparu, Loin d'en être comblé, ce gouffre s'est accru; jS^ous touchons tout vivants à la rive infernale : Ue ce gouffre profond un noir venin s'exhale; Et vos sujets, frappés par des feux dévorants. Tombent de tontes parts, déjà morts ou mourants ; Aux seuls infortunés le trépas se refase...
Et c'est de tant d'horreurs les dieux seuls qu'on accuse !
Mais quoi Itoujoursles dieux! et qui d'eux ou de moi,
iSégligeant sa promesse, a donc manqué de foi?
Malheureux! tes serments, qu'a suivis le parjure,
Ont soulevé les dieux et toute la nature.
Pour sauver un ingrat tes soins pernicieux
Trop long-temps sur ton peuple ont exercé les dieux;
A tes sujets enfin cesse d'être contraire.
Ehl que leur sert un roi, s'il ne leur sert de père?
Leur salut désormais est ta suprême loi ;
Et le sang de son peuple est le vrai sang d'un roi...
Depuis quand tes sujets t'éprouvent-ils si tendre?
Depuis quand ce devoir,..? l'amour vient te l'apprendre :
Toilà de ces grands soins le retour trop fatal.
Tu n'es roi que depuis qu'un fils est ton rival-,
Contre lui l'amour seul arme tes mains impies:
Toilà le dieu, barbare ! à qui tu sacrifies.
Etouffons tout lamour dont mon cœur est épris,
rs'v laissons plus régner que la gloire et mon fils.
(6 1 DOME NÉE
Sur les mêmes vaisseaux préparés pour sa fuite Qu'Erixene à Samos aujourd'hui soit conduite. Allons... et que mon cœur, délivré de ses feux, Gommence par rAmour à triompher des dieux.
rilT DU TROISIEME ACTE.
IDG MENÉE.
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