É RI XE WE
Où mon devoir l'ordonne.
IDAMiLiTTE.
Du moins à la pitié laissez-vous émouvoir : Vous ne l'avez que trop signalé ce devoir. Avtîc tant de courroux, hélas ! qu'a-t-il à craindre? Vous ne m'entendrez plus soupirer ni me plaindre. Vous partez; je vous aime, et vous me hajssez; Mes malheurs dans ces mots semblent être tracés. Cependant ce départ, mon amour, votre haine, Ne font pas aujourd'hui ma plus cruelle peine : C'étoit peu que votre ame , insensible à mes vœux , Eût de tout son courroux payé mes tendres feux; Ce malheureux amour que votre coeur abhorre, Malgré tous vos mépris, que je chéris encore. Cet amour qui, malgré votre injuste rigueur, N'a jamais plus régné dans le fond de mon cœur, Cet amour qui faisoit le bonheur de ma vie, 11 faut à mon devoir que je le sacrifie : Non que mon triste cœur par ce cruel effort Renonce à vous aimer ; mais je cours à la mort. Heureux si mon trépas, devenu légitime, Des pleurs que j'ai causés peut effacer le crime ! Mais si c'en étoit un d'adorer vos beaux yeux. Je ne suis pas le seul criminel en ces lieux ; Ce qu'en vain Mérion attendoit de ses armes , Vous seule en un moment l'avez pu par vos charmes. Tout vous livre à l'envi cet empire fatal : Régnez, vous le pouvez... mon père est mon rival.
ÉRIXENE.
•Te connois les transports et de l'un et de l'autre, Et je sais jusqu'où va son audace et la vôtre;