‹ Œuvres de CrébillonChapitre 77 sur 502 · SCENE \ ï.i · texte numérisé non relu

SCENE \ ï.i

THÉODAMIE, L L O M D E.

THÉODAMIE.

OÙ sommes-nous , helas ! ma chère Léonide? Quel astre injurieux eh ces climats nous guide? O vous , qui nous jetez sur ces bords odieux, Cachez-nous au tyran qui règne dans ces lieux, Dieux puissants 1 sauvez-nous dune main ennemie! Quel séjour pour Thyeste et pour Ihéodamie ! Du sort qui nous poursuit vois quelle est la rigueur. Atrée, après vmgt ans, rallumant sa fureur, Sous d'autres intérêts déguisant ce mystère, Arme pour désoler Tasyle de son frère.

L'infortuné Ihyeste, instruit de ce danger, A son tour , en secret, arme pour se venger. Flatté du vain espoir de rentrer dans My cènes , Tandis que l'ennemi vogueroit vers Athènes, Ou pendant que Chalcys , par de puissants efforts,

i<»8 ATRÉE* ET THYESlu.

Ketiendroit le tyrau sur ces funestes bord&. Inutiles projets ! iuutile espéraace !

L'Eurlpe a tout détruit ; plus d'espoir de vengeance : Et c'est ce même amant, ce prince généreux, Sans qui nous périssions sur ce rivage affreux, Ct; prince, à qui je dois le salut de mou père, Qui , la foudre à la main, va combler sa misère. Athènes va tomber, si, pour comble de maux, Tlivesle dans ces murs n'accable ce héros. Trf>p heureux cependant, si de l'isle d'Eubée il pouvoit s'éloigner sans le secours d'Alrée ! Sauvez- l'en, s'il se peut, grands dieux I votre

courroux Poursuit-il des mortels si semblables à vous? Ciel, puisqu'il faut punir, venge-toi sur son frerc : Atrée est uu objet digne de ta col''re. Je tremble à chaque pas que je fais en ces lieux: Hélas ! Thyeste en vain s'y cache à tous les yeux ; Quoique absent dès long -temps, on peut le- re-

connoître :

Heureux que sa langueur l'empêche d'y paroitre!

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