SUR 1.A TOMBE
-fondement tristes quand ils sont aeuls avec eax-m^ma, mb fie
la société croit gais , parce que le moment où iU se troaTentinc
les autres hommes, est le seul momentsupportabledontibjoob^
sent. J'ai beau lire les philosophes , et chercher à me sooli^
par cette froide et muette conversation , j'éprouve, comme ar
4'écrit un grand roi , que les maladies de Tâme n'ont point d'à*
très remèdes que des palliatifs , et je finis par me répéter bu*
tement ce que disent ces philosophes , que le vrai soulapnia^
il nos peines , c'est l'espoir de n'avoir plus qu'on moment à nire
et à souffrirt Cette pensée n'est pas consolante ; niais c'est u
moyen que la nature nous donne , comme le dit encore si k»
ce même roi , pour nous détacher de cette vie que nous sooa»
obligés de quitter. La philosophie , ma chère Julie, pir les (^
sources même qu'elle nous offre , nous fait souvenir crneUene^
de ce qui nous manque ; et par l'eiTort même qu'elle fut f^
nous consoler , nous avertit combien nous sommes miflienf^
Elle s'est donné bien de la peine pour faire des traités delà w
lesse et de l'amitié , farce que la nature fait toute seule les traita
de la jeunesse et de l'amour. Les maximes des sages, lennco»'
solations et leurs livres j me rappellent k tout moment le aot(W
solitaire , qui disait aux personnes dont il recevait quelquefois
la visite : f^ous voyez un homme presque aussi lemtui que * «
étiiit mort. Je suis comme cette femme qui voulût, «n«T'
d'elle-même , devenir dévote , ne pouvant plus être autiecw*'
et qui tâchait en vain d'y parvenir : Ils mefoni lùt^ disait-eU*.
des Usures de dévotion ; je m'en excède, je m'en bourre f ^ ^
me reste sur-Vestomac. Voilà où j'en suis réduit, ma chère Jo»»
les lettres que je reçois d'un grand roi , le baume qu'il ▼w^"f
essayer de mettre sur mes plaies , sa philosophie pleine ^f "f^'
de sentiment et d'intérêt, tout cela » comme il l'avoue laiwi^'
est bien faible pour me guérir. Je me dis sans cesse en lts<>^ .
lettres , et après les avoir lues : Ce gnand prince a ''^ ' jf
continue à m'affliger. Ma vanité n'est plus flattée comme 0Del>
été tant de fois , de l'amitié du plus grand monarque ^'^.^
oette amitié ne me touchait , ma chère Julie , que parri^
que vous y preniez ; l'espèce d'éclat qu'elle répandait sur ojj;
m'était cher par le sentiment qui vous la faisait I^'^(^'*?L
prouve , en gémissant, que ce vers tant répété n'est pt» ^'^'T^
vrai :
Avant Paraonr , Pamour-propre ^tait né.
Et vous , ma chère madame Geoffrin , digne et '^^P^. amie, qui êtes à présent étendue sur ce lit de mort dont p^ être vous ne sortirez jamais ; vous que toutes 1^ ^*' mP^
pleureront, que tous les malheureux regretteront , tous qui me manquerez encore plus qu'à eux ; combien de fois ai*je désire , depuis huit jours, dans l'état d'affaiblissement ou je vous voyais , d'être dans ce Ut au lieu de vous> moi qui, en mourant ,. ne peux plus manquer à personne , moi qui serai oublié au moment oii j'aurai disparu ! Mais en souhaitant d'être à votre place , je sentais que je vous aimais trop pour yous souhaiter d'être à la mienne. Hélas ! il ÙLvd donc que je vous perde encore ! je n'aurai plus ni vos consolations, ni vos bontés , ni vos conseils. Une fille aussi cruelle pour vous que pour moi , et qui sacrifie à sa dévotion politique la douceur que vous auriez pu godter dans vos derniers momens , m'éloigne de ce lit de douleur 011 vous m'auriez vu tous les jours mêler mes larmes avec les vôtres ! Tout ce qui fait lé bonheur de la vie va me manquer k la fois , l'amour , l'a-< mitié , la confiance ; et il ne me restera que la vie pour me désoler ! Puisse-t-elle être tenninée bientôt , et k mort me rejoindre à tout ce que j'ai perdu I
PORTRAIT