‹ Œuvres de d'Alembert (volume 4)Chapitre 104 sur 165 · FIDÉLITÉ, CONSTANCE · texte numérisé non relu

FIDÉLITÉ, CONSTANCE

ha f délité suppose un engagement ; la constance n'en suppose point : on est fdèle à sa parole , et constant dans ses goûts.

Par la même raison , on dit fdèle en amour et constant en amitié ; parce que l'amour semble un engagement plus vif que l'amitié pure et simple.

Par la même raison encore , on dit , un amant malheureux et fdèle, un amant malheureux et constant ; parce que le premier est engagé , et que l'autre ne l'est pas.

Il semble que la f délité tienne plus aux procédés , et la constance au sentiment. Un amant peut être constant sans être fidèle^ si en aimant toujours sa maîtresse , il ne laisse pas d'avoir des passades; et il peut être fdèle sans être constant^ s'il cesse d'aimer sa maîtresse , sans néanmoins en prendre une autre : la fidélité suppose une espèce de dépendance ; un su]et fdèle , un domestique ^<iè/e , un chien^<fè/e.

La constance suppose une sorte d'opiniâtreté et de courage = Constant dans le travail , dans les malheurs, ha f délité des martyrs à la religion a produit leur constance dans les tourmens.

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