‹ Œuvres de d'Alembert (volume 4)Chapitre 158 sur 165 · CONTRE-SENS · texte numérisé non relu

CONTRE-SENS

Vice dans lequel on tombe quand le discours rend une autre pensée que celle qu'on a dans l'esprit , ou que l'auteur qu'on interprète y avait. Ce vice naît toujours d'un défaut de logique, quand on écrit de son propre fonds ; ou d'ignorance soit de la matière , soit de la langue , quand on écrit d'après un autre.

Ce défaut est particulier aux traductions. Avec quelque soin qu'on travaille un auteur ancien , il est difficile de n'en faire aucun : les usages , les allusions à des faits particuliers , les différentes acceptions des mots de la.langue , et une infinité d'autres circonstances peuvent y donner lieu.

Il y a une autre espèce de contresens , dont on a moins parlé , et qui est pourtant plus blâmable encore , parce qu'il est , pour ainsi dire , plus incurable ; c'est celui qu'on fait en s' écartant du génie et du caractère de son auteur. La traduction ressemble alors à un portrait qui rendrait grossièrement les traits sans rendre la physionomie , ou en la rendant autre qu'elle n'est, ce

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