‹ Œuvres de Dante Alighieri: La divine comédieChapitre 64 sur 69 · LE PARADIS. CHANT XXX · texte numérisé non relu

LE PARADIS. CHANT XXX

que sa circonfërence serait pour le soleil une trop large ceinture.

Tout ce qui en apparaît n'est qu'un rayon réfléchi sur le sommet du Premier Mobile^ qui prend de là sa vie et sa puissance.

Et^ comme dans Teau de sa base se mire un coteau, pour voir, il semble, sa parure, et combien il est riche et d'herbes et de petites fleurs.

Ainsi, suspendues tout autour, tout autour du fleuve lumineux, je vis s'y mirer, sur plus de mille degrés, toutes les âmes qui de notre monde sont retournées là-haut.

Et si le rang le plus bas concentre en lui tant de lumière, quelle n'est pas la splendeur de cette rose dans ses feuilles les plus hautes !

Ma vue ne s'égarait pas dans la largeur ni dans la hauteur de la rose; mais, dans sa quantité et sa qualité tout entière, elle embrassait cette allégresse.

Là, être près ou loin n'ajoute rien, n'enlève rien ; car, où Dieu gouverne sans agents intermédiaires, les lois natufelles sofni sans actions.

Alors, vers le cœur doré de la rose éternelle qui se dilate, s'étage et exhale un parfum de louai^es au soleil, c»usedu printeofips sans fin,

Béatrice m'entraîna ûomme queïqv'un qui se tait et veut parler, et elle me dit : a Regarde combien est grande la réunion des blanches étoks ^.

ï> Vois combien notre dté a de circuit! Vois ne» degi^és si remplis, que peu de gens désormais y sont appelés!

» Dans ce grand siège, sur lequel tu tiens fixés tes yeux à cause de la ^iouronne qui déjà est placée au^essus, s'assoira, avant que tu soupes à ces noces,

i> L'âme un jour auguste sur la terre du grand tiem^ *, lequel viendra réformer l'Italie, avant que cette terre SDÎt disposée à l'accueillir.

* Daue illis siugulae stol» alto. [ApocaLf CJ

• Ileuri VII.

b76 LA DIVINE COMÉDIE.

1» L'aveugle cupidité qui vous abrutit vous a rendus semblables au petit enfant qui meurt de faim et chasse sa nourrice.

» Alors sera préfet dans le barreau divin ^ un homme qui ouvertement et à couvert ne marchera pas avec ce roi dans le même chemin.

» Mais peu de temps il sera enduré par Dieu dans h saint office; car il sera plongé là où Simon le magicien est pour ses mérites,

)) Et il fera tomber plus bas celui d'Ânagni *. »

CHANT XXXI

té poêiQ contemple encore avec éblouissement la gloire d« Paradis. — Basaitei se toarnant vers Bdatrice (ou l'Bsi^t de la Théologie], qui avait repris son siège céleste, il lai rend grâce de tons les biens qu'il en a reçus. — Par la fiivear de saint Bernard, il lui est accordé de voir, dans sa félicite, la reine da ciel, b Vierge Marie.

Donc, sous la forme d'une rose éblouissante de blao' cheur, se montrait à moi la milice sainte dont par son sang le Clirist fît son épouse ;

Mais Tautre milice, qui, tout en volant, voit et chante la gloire de celui qui la rend amom'euse et dont la bonté la rendit si grande,

(Comme un essaim d'abeilles qui tantôt picore sur les fleurs, tantôt s'en retourne là où le fruit de son travail exhale sa saveur ', )

Descendait dans la grande fleur ornée de tant de fleurs; et de là s'élançait encore vers le point où son amour séjoui^ne éternellement.

Ces âmes avaient la face de flamme vive, et les ailes

' C'est-à-dire souverain pontife; il parle de Clément V. • Bonifacc VUl.

' Qualis apcs sstate nova per florea rura

Exoroet siib solo labor, etc.

[JËneiJ.)

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