‹ Œuvres de Danton, recueillies et annotéesChapitre 12 sur 40 · SUR L'ASSASSINAT DE LEPELLET1ER · texte numérisé non relu

SUR L'ASSASSINAT DE LEPELLET1ER

convention. —Séance duïi Janvier 1793.

Ce qui honore le plus les Français, c'est que dans des moments de vengeance, le peuple ait surtout respecté ses représentants. Que deviendrions-nous, si, au milieu des ■butes que Ton jette sur une partie de cette assemblée, l'homme qui a péri victime des assassins n'était pas un patriote! 0 Lepelletier, ta mort servira la République; je l'envie, ta mort. Vous demandez pour lui les honneurs du Panthéon; mais il a déjà recueilli les palmes du martyre de la Liberté. Le moyen d'honorer sa mémoire, c'est de jurer que nous ne noua quitterons pas sans avoir donné une Constitution à la République. Qu'il me sera doux de vous prouver que je suis étranger à toutes les passions!

Je ne suis point I ur de Pétion; à mon sens il

eut des torts. Pétion peut avoir été faible; niais, je l'avoue

avec douleur, bientôt la France ne saura plus sur qui re-

sa confiance. Quant aux attentats dont nous avons

. l'on aurait dû vous dire clairement que nulle

f n'aurait pu les arrêter lis étaient la suite de

volutionnaire qui animait tous lis esprits. Les qni connaissent le mil o démenti terribles,

•eut convaincus que ces actes étaient la suit-' nécessaire fureur d'un peuple qui n'avait jamais obtenu ju

Il ceux qui me. connaissent de dire |j je suis un buveur de sang, si je n'ai pas employé tous les mof

conserver la paix dans le conseil exécutif. Je prends à témoin Brissot lui-même. N'ai-je pas montré une extrême déférence pour un vieillard dont le caractère est opiniâtre, et qui aurait dû au contraire épuiser tous les moyens de douceur pour rétablir le calme? Roland, dont je n'accuse pas les intentions, répute scélérats tous ceux qui ne partagent pas ses opinions. Je demande pour le bien de la République qu'il ne soit plus ministre; je désire le salut public, vous ne pouvez suspecter mes intentions. Roland ayant craint d'être frappé d'un mandat dans des temps trop fameux, voit partout des complots; il s'imagine que Paris veut s'attribuer une espèce d'autorité sur les autres communes. C'est là sa grande erreur. Il a concouru à animer les départements contre Paris qui est la ville de tous. On a demandé une force départementale pour environner la Convention. Eh bien, cette garde n'aura pas plus tôt séjourné dans Paris, qu'elle y prendra l'esprit du peuple. Eu doutez-vous maintenant? Je puis attester sans acrimonie que j'ai acquis la conviction que Roland a fait circuler de écrits qui disent que Paris veut dominer la République.

Quant aux visites domiciliaires, je m'oppose à cette me sure dans son plein, dans un moment où la nation s'élèv avec force contre le bill rendu contre les étrangers ; ma: il vous faut un comité de sûreté générale qui jouisse de 1 plénitude de votre confiance; lorsque les deux tiers dei membres de ce conseil tiendront les fils d'un complot, qu'ils puissent se faire ouvrir les maisons.

Maintenant que le tyran n'est plus, tournons toute notre énergie, toutes nos agitations vers la guerre. Faisons la guerre à l'Europe. Il faut pour épargner les sueurs et le sang de nos concitoyens, développer la prodigalité nationale Vos armées ont fait des prodiges dans un moment déplorable, que ne feront-elles pas quand elles seront bien secondées? Chacun de nos soldats croit qu'il vaut deux cent! esclaves. Si on leur disait d'aller à Vienne, ils iraient ;

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Vienne ou à la mort. Citoyens, prenez les rênes d'une grande nation, élevez-vous à sa hauteur, organisez le ministère, qu'il soit immédiatement nommé par le peuple.

Un autre ministère est entre les mains d'un bon citoyen, mais il passe ses forces , je ne demanda pas qu'on le ravisse à ses fonctions, mais qu'elles soient partagées.

Quant à moi, je ne suis pas fait pour venger des passions personnelles, je n'ai que celle de mourir pour mon pays; je voudrais, au prix de mon sang, rendre à la patrie le défenseur qu'elle a perdu.

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