‹ Œuvres de Delille (volume 3)Chapitre 87 sur 89 · A M. L'ABBÉ BARTHÉLÉMY · texte numérisé non relu

A M. L'ABBÉ BARTHÉLÉMY

Si vous ne deviez pas , Monsieur, être dégoûté d'éloges, je vous dirais que votre ouvrage m'a paru effrayant d'érudition et de connaissances , comme il m'a paru enchanteur de style et d'exécution. Avant vous , on n'avait jamais imaginé (ju'aucun ouvrage pût dispenser de lire Platon , Xénophon , tous les historiens , et tous les philosophes de la Grèce. Votre ouvrage , le plus beau résultat des plus profondes lectures, tient lieu de tout cela ; et un littérateur peu fortuné avait raison de dire que votre livre est une véritable économie. Il était impossible de faire de toutes ces idées et de toutes ces pensées une masse plus brillante et plus solide; et votre ouvrage m'a rappelé ce métal de Corinthe , composé de tous les métaux , et plus précieux qu'eux tous. C'est le génie qui a fondu tout cela.

Ces Grecs , qui savent à peine s'ils ont eu des aïeux illustres , seraient un peu étonnés, si on leur disait qu'un étranger a passé trente ans de sa vie à faire leur intéressante généalogie, et a découvert les. titres de leur gloire nationale.

On ne peut rien ajouter au charme de vos descriptions. Le plus grand poète de la Grèce , cet homme dont vous avez si dignement parlé , passait pour le premier de ses historiens; et son nouvel historien aurait, comme Platon, passé pour un de ses plus grands poètes,

I . A l'occasion de la publication du Voyage d' Anacliarsis en Grèce.

Page 1