V. 889. L'KNElDi:, LIVKE VII
Enfin le clairon sonne. Aussitôt on s'élance ; L'un a saisi son casque, et l'autre prend sa lance; L'un attelle à son char ses superbes coursiers : Déjà brillent sur eux leurs riches baudriers , Leur cotte à mailles d'or, et la gaine éclatante Où repose l'épée ùleur côté pendante.
(3 Muses ! ouvrez-moi les fastes d'Hélicon ; De chaque roi ligué redites-moi le nom , De quel pays fameux , sous quels grands capitaines Partirent les guerriers qui couvrirent ces plaines , Et quels fiers combattans , sous les drapeaux latins , D'avance à l'univers annonçaient les Romains. A peine un faible bruit en transmit la mémoire ; Vous, pour qui rien n'est vieux , retracez-m'en l'histoire.
Le contempteur des dieux , l'exemple des tyrans , Mézence , le premier, conduit ses fiers Toscans ; Sous lui marche son fils Lausus , dont le jeune âge Sur les hôtes des bois essaya son courage ; Lausus , savant dans l'art de dompter les coursiers ; Lausus , après Turnus , le plus beau des guerriers , Digne d'ini meilleur roi , digne d'un meilleur père : Il cherche dans les camps un destin plus prospère : Mille fiers Agyllins ont volé sur ses pas. Vain secours! leur valeur ne le sauvera pas.
Après eux s'avançait le fils du grand Alcide, Le bel Aventinus , qui , de son char rapide Guidant les beaux coursiers cent fois victorieux , Leur promet des lauriers encor plus glorieux. Quand le dieu de Tirynthe, illustrant son courage. Du triple Géryon eut terrassé la rage, Et vint baigner, pour prix de ses faits triomphans , Ses taureaux d'Ibérie au fleuve des Toscans ,
:{0i .ENEIDOS LIREK VII. v.GCt.
Mixta deo millier, postquam Laurentia victor, Geryonc exstincto , Tirynthius attigit arva , Tyrrhenoque boves in flumine lavit Iberas. Pila raana saevosque gerunt in bella dolones ; Et tereli pugnant mucrone , veruque Sabello. Ipsepedes, tegumen torquens immane leonis, Terribili impexum sseta , cum dentibus albis, Indiitus capiti: sic regia tecta subibat Horridus , Herculeoque humeros innexus amictu.
Tum gemini fratres Tiburtia mœnia linquunt, Fratris Tiburti dictam cognomine gentem , Catillusqueacerque Coras, Argiva j uventus ; Et primam ante aciem densa inter tela feruntur : Ceu duo nubigense quum vertice montis ab alto Descendunt Centauri , Homolen Othrymqiie nivaleni Linquentes cursu rapido : dat euntibus ingens Silva locum , et magno cedunt virgulta fragore. Nec Praenestinae fundator defuit urbis , Vulcano genitum pecora inter agrestia regem , liiventumque focis , omnis quem credidit setas , Cœculus. Hune legio late comitatur agrestis; Ouique altum Prseneste viri , quique arva Gabince Junonis , gelidumque Anienem , et roscida rivis Hernica saxa colunt ; quos, dives Anagnia , pascis ; Quos, Amasene pater. Non illis omnibus arma , Nec clypei currusve sonant : pars maxiiiia glandes