‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 5)Chapitre 32 sur 59 · I.£TTRESf · texte numérisé non relu

I.£TTRESf

pa*ficies.Desoiit >portit séparées. Je dis ceci pour savoir ide vous si la raison pour laquelle les parties de la feei^re ne sont point élancées de tous côtés né doit p^int être attribuée à la. seule vitesse du mourreobent des jparties de la niatière étibtérée.

Sur Fart. 25, ibid,^ pag. 829.

Elles ont quelque légèreté à cause du mouvement de leurs parties. Que pensez-vous donc du fer qui est froid, et de celui qui est chaud , lequel pèse davantage? Outre cela, comment une certaine quantité d'eau est-elle plus légère à cause du mouvement des parties, puisque le mouvement de ces parties est enfin déterminé en bas par les globules? car on doit juger qiie la pesanteur d'un corps est d'autant plus grande que sa chute est plus rapide; et ainsi Fèau seroit plus pesante que l'or.

Sur Tait. 27, <<&û/., pag. 332.

A moins peut-être que quelque^auseextérimres etc. Quelles sont qcs cayse^?. ]faites-moi la grâce de ipe le dire en deux mots.

Suvl-art. i33, lig. lay i^^., pàg: 443.

- ' Pensons qu'il y a en ta moyenne région pfusieurs pùre$ ou petits conduits parûUéles à son essieu. Le Bftot de parallélisme me fait souvenir ici de quelques difficultés presque insurmontables. 1. Polir* quoi vos tourbillons ne sont-ils pas en formé de colonne ou de cylindre plutôt que d'ellipse , puis*

a68 LETTRES.

que chaque point de l'axe est comme un antre duquel la matière céleste.se retire, et, autant qu'il me le semble, avec un mouvement entièrement égal : d'ailleurs (puisqu'il faut partout que lés globules s'écartent de l'axe avec une force égale) pour* quoi le premier élément n'est-il pas également étendu tout le long de l'axe çn forme de cylindre, * plutôt que d'être repoussé presque vers le milieu de l'axe, et d'y être ramassé en forme de globe ; car ce qui entre du premier élément par les deux pôles du tourbillon n'empêche point que tout l'axe ne doive paroître lumineux; en effet, comme les globules s'éloignent avec une force égale de tous le;5 points de Taxe , les courants de la matière très subtile, qui entre avec impétuosité, trouveront beaucoup plus de facilité à se glisser les uns sur les autres pour arriver aux pôles opposés , qu'à se former et à se creuser en quelque endroit de l'axe un espace plus grand que le tournoiemeht actuel et uniforme du tourbillon ne pourroit leur permettre et leur céder.

2. Enfin , comme les globules célestes sont empçi^^^j^f autour^ de l'asi^du tourbillon .d'une^ ttiaaère pa^allèl^ à ^l'a^l^e et à euxrmémes , t^t ae ç^OTn dent point le parallélisme lorsqu'ils changent en quelque façon de lieu entre eux ,il paroit impossible qu'il se fasse absolument aucune contorsion des parties cannelées, si ces parties cannelés ne tour*

LETTRES. 26g

nent aatour de leurs propres axes dans ces espaces triangulaires ; or je ne Tois pas que cek se puisse faire commodément , comme j'ai dit ci-dessus.

Sur Fart. 187, ibid., pag. 499.

On ne remarque aucuns effets, de sympathie ou . d'antipathie si merveilleux , etc. Plût à Dieu que vous expliquassiez ici , si cela se pouvoit faire en peu de mots, par quelle raison mécanique il arrive que si, dedeux cordes dedivers instruments qui sont ou à l'unisson , ou à cet intervalle que les musiciens appellent tempéré, l'on en touche une l'autre trémousse dans un autre instrument tandis que celles qui sont plus proches et même qui sont tendues dans le même instrument où Ta corde a été ébranlée ne se remuent point du tout. Aucune sympathie ne me paroît plus difficile à expliquer mécaniquement que cet accord des cordes , ce qui est une expérience vulgaire et très commune.

Sur l'art. 188, AitL, pag. 5oa.

L'autre touchant celle d^ l'homme ^ etc. Continuez, monsieur, à éclaircir et à achever cette matière. Je suis très persuadé qu'on n'a jaonais rien mis au jour qui soit plus agréable et plus utile à tous les savants. Vous ne devez pas vous excuser sur le dé-f faut d'expériences; car pour ce qui regarde votre corps , j'ai appris par des auteurs dignes de foi que vous avez examiné avec une exactitude in-

0nie tout ce qui regarde l'aDatonûe du corps hu* main. Pour ce qui regarde l'âme, vous en avez reçu une en partage dont les opérations sont si lumineuses , et dont la vivacité et l'égalité sont telles , que par le seul secours de cette force et vigueur céleste, comme par un feu chimique, elle se changera en toutes les formes, et tiendra lieu d'une infinité d'expériences.

Sur l'art. ipS, ibid,^ pag. 5 10.

Comme j'ai déjà expliqué dans les Météores. Vous avez certainement donné une très belle raison des couleurs dans les météores. Il reste pourtant là-dessus une méchante difficulté qui embarrasse beaucoup mon imagination; car, disant que la variété des couleurs naît de la proportion qu'a le mouvement circulaire des globules au mouvement rectilinaire, îl arrivera nécessairement que quelquefois dans les mêmes globules le mouvement circulaire surpassera en même temps le rectilinaire , et le rectilinaire le circulaire. Par exemple , dans deux murailles opposées, dont l'une est teinte en rouge et l'autre eu J[>leu , les globules qui sont entre seront mus pli^ vite en cercle qu'en ligne droite à cause de la mu* raille rouge , et plutôt en ligne droite qu'en cercle à cause de la muraille bleue, et toutx^la en même temps , ce qui ne sauroit arriver. Ou bien de cette autre manière ; daàs la même muraille dont , si

VOUS voulez, la psirtie droite est rouge, celle du milieu noire, et la gauche bleue; comme il se fsdt toujours un croisement par rapport à l'œil , tous les. globules , à cause du concours dès . rayons , prendront la proportion du mouvement de chaque globule en particulier, c'est-à-dire du circulaire aU droit , en sorte qu'il est nécessaire que toutes les couleurs se mêlent au fopd de l'œil, et qu'elles s'y confondent ; et je ne saurois inventer aucune ma* nière de lever cette difficulté , à moins qu'il ne faille peut-être supposer que le mouvement cir^ culaire n'est pas un mouvement plein , mais une tendance au mouvement circulaire , comme il arr rive en effet dans le mouvement droit des mêmes globules. J'aurois bien pu de moi-même donner une solution telle quelle à presque toutes les difficultés que je vous ai proposées; mais votre bonté m'ayant permis de vous les exposer, et y ayant été invité par-dessus cela par cette dextérité admirable que vous avez à résoudre ces difficultés , et que j'ai reconnue dans vos dernières lettres (car, bien que

je voie que vous avez été fort court dans vos réponses, à cause du peu de temps que vous aviez , cependant vous me satisfaites si pleinement , et vous me fortifiez aussi bien dans mes pensées que si j'étois animé par votre présence, et que vous-même montrassiez les choses au doigt; ajou-* tez à cela que vos explications auront plus de poids

fi^a' LETTRIS.

auprès de moi , et auprès des autres dans le beàoin ) ; j'ai donc cru qu'il étoit de mon intérêt de vous proposer toutes ces difficultés : après votre décision , j 'aurai , si je ne me trompe, une connoissance parfaite de tous les principes de votre phi*losophie. Vous ne sauriez croire combien j'estime ce bonheur; et lorsque vous m'aurez servi de sphinx sur ces questions , ce qui me sera d'autant plu^ agréable que vous lé ferez, plus promptement , à cause de la passion extrême qui me porte' à vos ouvrages , vous recevrez sur la dioptrique les autres difficultés qui vous seront proposées par le plus affectionné de votre philosophie. Je suis, etc.

«iiV^ ^^^^'^^^^

LETTRE DE M. MORUS

A M. DESCARTES

(Lettre 71 du tome I. Version.)

Monsieur,

Je ressens une douleur bien vive de ce qu'on vous a enlevé si subitement de notre voisinage, et qu'on vous a emmené en un pays si éloigné : mais

LETÏRES^ 3^5

pour ne vous rien déguiser , j'ai de quoi adoucir ce déplaisir et cette tristesse , et de quoi me con-* soler moi - même ; en effet, ce n'est pas un petit avantage pour vous que les nations les plus reçu* lées aient rendu xïiï tel honneur à votre mérite , et que l'éclat de votre réputation ait pénétré avec tant de force jusqu'aux sombres climats et aux brouillards épais du septentrion ; et ce qui est le plus important , que ce n'ait pas été sans frAit , puisque l'amour des belles - lettres et de ceux qui les cultivent a fait une si forte impression sur le cœur généreux de la sérénissime reine de Suède , cette illustre héroïne , que, non contente de vos ' écrits et de votre réputation, elle n'a cessé de vous engager par ses lettres d'aller la voir , jusqu'à ce qu'elle ait été au comble de ses vœux : empresse-^ ment qui ne manquera pas de tourner, comme je le crois , à l'avantage et à l'ornement de son royaume. Ces considérations m'ont fait supporter, je vous l'avoue , avec moins d'impatience votre départ , et en même temps la perte de cette lettre si désirée que j'attendois , comme vous l'aviez promis, avant votre départ. Bien loin de renoncer à l'espérance que j'avoîs conçue de la recevoir, j'ai. au contraire une ferme espérance que non seulement vous honorerez d'une de vos réponses celle que je vous ai écrite auparavant , mais encore les présentes dès que vous les aurez reçues. Plein de cette confiance,

10' iS

^74 LKTTRES*

je passe à votre Dioptrique, pour venir ensctite aux Météores, s*il y aquelque difficulté qui m'y aîrete, afin que je puisse décharger une fois pour toutes mon esprit de tout ce -que j'avois^ résolu de v<ms proposer pour mon avantage. J'espère par là qu'après avoir fait de ma part tout ce qui étoit en moi, je me procurerai une plus grande tranquillité, et que je serai délivré de bien <les doutes.

Sur la Dioptrique, discours a, page ao, ligne a4 ,

figure 7 , planche i •

A cause que cette toile ne lui est aucunement opposée en ce sens-là. Il me paroît que la toile CE s'oppose en quelque façon à la balle B , même par rapport à la détermination qui la fait tendre vers la main droite; ce que je prouve ainsi :

GH est opposé à plein à la balle B, et l'empêche entièrement de s'avancer tant du côté HE que du côté lE, c'est-à-dire vers le bas; car comme CE ne diffère de GH, qui est opposé à plein au mouvement vers HE , que de la quantité de Tangle HBE, ou GBC, il est rhanifeste que CE, dans la position qu'on lui donne, s'opposera toujours avec une certaine force au mouvement de la balle vers HE ; nous en serons convaincus davantage si nous supposons que CE est une superficie d'argile fort molle , et qu'une balle , si vous voulez de cuivre , est poussée d'A vers B :

LEl-THES. 275

eUe ft'enfei^oera un peu dans l'argile , mais elle perdra tout d'un coup tout son mouvement v tant vers HE q^e vers CE , ce qui n'arrîverôit point 4 la balle étoit poussée selqn la ligne GB£; elle s^a«* vanceroit vers HË sans aucun embarras , surtout si nous imaginons que cette balte n'a aucune pesanteur: donc la superficie CE> s'oppose à la balle qui vient de A vers B par rapport à la détermination qui la porte vers HE, ce qu'il falloit démontrer.

IbûL^ page ai, lig* a.

Car puisqu'elle perd la moitié de sa vitesse. Je veux bien qu'elle perde quelque degré de vitesse, mais je ne puis comprendre, ce que vous supposez dans cet article et dans le suivant, que ce dé* gré de vitesse n'est perdu que par rapport à CE et non par rapport à FE; car, comme cette balle n'a qu'un mouvement réel, quoique nous puissions Hmaginer composé de plusieurs déterminations différentes, si ce mouvement est diminué^ quelque part que la balle s'avance, son mouvement sera plus lent après cette diminution. Ainsi ce qui porte, la balle en I , et non point en D, n'est pas son ptus <ou moins d^ vitease , tuais la té^istanoe qui mt plus ibr te. daas lie* grand angle .CBD, et plus petiije dans l'angle EBD, parceque k poifite de l'angle aigu SfiD, jointe à la fluidité du liquide , doit moins résister à la balle que la pointe émous-»

sée de l'angle CBD ; sans cela , s'il falloit avoir recours au plus ou moins de vitesse , la balle qui est poussée de A vers B seroit portée vers D : vous n'avez qu'à considérer pour cela votre figure de la Dioptrique s'il est besoin.

Sur le Discours a de la Dioptrique, page 22, lig. 24.

Mais si elle est poussée suivant une ligne , comme AB , qui soit si fort inclinée sur la superficie de l'eau , ou de la toile CBEy que la ligne FE étant tirée^ etc. Il faut avouer qu'il y a beaucoup de subtilité dans votre manière de montrer le chemin que doit tenir cette balle ; mais il me paroît que vous n'arrivez point au but. La véritable et unique cause que vous auriez dû rapporter est la grandeur de l'angle CBD, la petitesse de l'angle EBD , et la grosseur de la balle ^ qui , pour se réfléchir en l'air vers L,doit d'autant moins faire baisser la ligne AB vers CE que sa grosseur est plus grande ; car une grosse balle a plus de peine à ouvrir et écarter la pointe d'un angle aigu qu'à la froisser en se réfléchissant.

Ibid, page 23, lig. i3.

Qui augmente la force de son mouvement. L'augmentation du mouvement ne sert à rien pour détourner la balle , s'il ne se rencontre quelque corps qui , par sa position , en change la détermination ; ce qui arrive ainsi , selon que je me ri->

inagîne, surtout dans un lieu que vous dites admettre plus facilement les rayons de la lumière , tel qu'est le cristal , le verre , etc. Comme dans ces matières la pointe de l'angle EBD est si dure et si inflexible qu'elle ne peut céder , le rayon qui tombe sur le sommet incliné de cet angle, dont la matière est si serrée, se détourne de la ligne droite, et est chassé dedans en s'approchant de la perpendiculaire ; ainsi ces deux réfractions me paroissent une véritable réflexion commencée ; or , comme dans une véritable et libre réflexion il n'arrive de changement que dans la détermina** tion, et non dans la quantité du mouvement, il paroît qu'il ne faut pas avoir recours ici au plus ou au moins de vitesse pour diminuer ou changer la détermination : donc la seule détermination diminuée ou augmentée suffit pour les deux réfractions; car quand la balle B est arrivée à la superficie CE, elle ne se détourne point de son chemin parcequ'elle a plus ou moins de vitesse , mais parcequ'elle tombe sur un corps qui change la détermination , car autrement , s'il n'y a qu'une vitesse plus ou moins grande, la balle, après avoir passé de A en B , iroit en D.

C'est pourquoi dans la première réfraction, où la balle s'éloigne de la perpendiculaire, sa détermination vers le bas est diminuée, et si elle perd du mouvement, c'est par accident, à cause ^e la

âjS LETTRBS.

mollesse du milieu qui résiste ; dans fe seconde , où la balle s'approche dé la perpendiculaire, sa détermination vers le bas est augmentée ; si elle acquiert de la vitesse, c'est par accident, à cause qu'elle pénètre un nouveau milieu qui lui donne un passage plus libre. La cause et le changement de la détermination sont, donc nécessaires pour les deux réfractions, comme pour la réflexion, et le plus ou moins de vitesse. ne sont qu'accessoires, et même entièrement inutiles pour ces effets ; même il est difficile d'imaginer la cause qui donne à la balle un nouveau degré- de vitesse , quand elle passe dans un milieu pli)s aisé ; car tout ce que ce milieu peut faire , c'est de laisser à la balle toute la célérité qu'elle avoît eue, ne recevant par la communication aucune partie de son mouvement, mais il ne peut lui rien donn^ de nouveau ; et il me paroit qu'il seroit aussi absurde de dire que la balle, quand elle entre dans un milieu plus aisé, acquiert de nouveaux degrés de vitesse , soit par pure libéralité, soit, si vous l'aimez mieux, par restitution de ceux qu'elle avoit perdus , que d'accorder qu'il y a un instant de repos dans le point de la réflexion, ce que vous avez eu raison de rejeter dans l'art. 2 de ce discours.

Pisoours 6 de la Dioptrique ^ pag« 6i,lig. 6, £g^ 19^ pl-.i4*

Muiê seulement de la situation des petites partie$

3c6i cerveau d'où (es nerfs prennent leur origine. Ces petites parties sont-elles visibles dans quelques parties du cerveau, ou les supposez-vous seulement par une simple conjecture? Pour moi , il me paroLt qu'on peut s'en passer , mais que les mêmes oiiganes qui transmettent le mouvement font connoîlre nécessairement à l'âme d'où vient cette transmission, s'il ne se trouve en chemin aucun empêchement.

Ibid., page 64* , lig. 19.

Un raisonnement tout semblable à celui que font les arpenteurs y lorsque par le moyen de deux différentes stations ils mesurant des distances inaccessi-^ blés. Cette comparaison me paroît obscure, pour ne pas dire un peu forcée ; je n'y vois rien de commun que ces deux stations : car les géomètres , ou , si vous l'aimez mieux, les géodètes, prennent leurs stations sûr une ligne droite tirée depuis quelque arbre ou quelque tour, et l'oeil prend les siennes en changeant de place sur 'une ligne à peu près parallèle à l'objet. Il me paroît que c'est tout ce qu'on peut déduire de cette comparaison.

Leur grandeur s* estime par la connoissance ou l'opinion qu'on a de leur distance. Il seroit très difi^ile de donner une raison exacte de la grandeur apparente des corps ; mais je crois que le jugement

28o I.ETTRES.

que nous en portons dépend principalement de la grandeur ou de la petitesse de l'angle où les rayons se croisent : plus cet angle est grand , plus l'objet paroîtra grand ; plus il est petit , plus l'objet paroitra petit : de plus , ce qui mérite attention , si vous approchez de votre œil quelque objet, par exemple votre pouce, à la distance d'une ligne, l'angle où les rayons se croisent ;sera quatre ou cinq fois plus grand que si votre pouce étoit distant de l'œil de dix lignes. Si vous l'éloignez encore de quelques dizaines de lignées , l'angle diminuera, mais en moindre proportion , jusqu'à ce qu'il devienne si petit, qu'on puisse le confondre avec une seule ligne droite: c'est pourquoi personne ne doit être surpris si son pouce lui paroit beaucoup plus grand quand il n'est éloigné de ' son œil que d'une ligne, que quand il est éloigné de dix ; et si après cela il paroit toujours à peu près de la même grandeur, quoiqu'il l'éloigné de trente , quarante lignes, et même davantage , cependant il peut si fort l'éloigner qu'il ne paroîtra plus , car l'ouverture de l'angle peut être plus petite que le diamètre d'un des filaments du nerf optique. Mais je ne comprends pas ce que peut produire en cela l'opinion de la distance comparée à la grandeur de l'image de Tobjet , comment l'œil ou l'âme peuvent faire cette comparaison ; mais il m'est aussi aisé d'expliquer que de concevoir com-

ment , par le moyen de 1 angle où les rayons se croisent , nous jugeons de la grandeur des corps» Soient H, I et K, L , le fond de deux yeux, d'un grand et d'un plus petit, CD le plus grand objet, mais plas éloigné; EF le plus petit objet, mais plus voisin; EGF, ou KGL, l'angle où les rayons se croisent : d'abord j ^établis qu'il y 9 un effort ou une transmission de mouvement de O en L, et de D en K, et que ma réflexion, se promenant sur la ligne droite KGFD, parvient à D , extrémité de lobjet CD, dans la place où il est véritablement; tandis que, par une autre ligne droite LGEC , elle parvient à l'autre extrémité C , dans l'endroit où elle est véritablement : autant en estil de toutes les parties de l'objet CD. Je dis donc que c'est par cette course de ma réflexion que je découvre la grandeur de l'objet qui est devant mes yeux, et que la mesure de son diamètre apparent est l'angle Egf. Je dis pareillement que si l'on conserve les mêmes lignes droites que parcourt ma réflexion, et la même ouverture de l'angle à l'égard de l'œil HI, l'objet DC doit lui paroître aussi grand qu'à l'œil Kl : d'où je conclus ensuite que la grandeur apparente de l'objet dépend non de là grandeur de l'image , mais de la grandeur de Tangle où les rayons se croisent. Enfin, de même . que la grandeur apparente de l'objet ne vient pas de la grandeur de l'image peinte au fond de l'œil,

puisque le petit objet £f peint, soit dans l'œil Hi, soit dans l'œil RI, une image d'égale grandeur à celle du grand objet Cd, ainsi elle ne vient pas de la grandeur de l'angle formé par la rencontre des rayons, autrement l'objet Ef paroîtroit aussi grand que Cd, cet angle étant le même pour les deux; mais en retirant le petit objet Ef, Cd paroîtra beaucoup plus grand que ne paroîtroit EEf , quoiqu'on les vît tous deux sous un même angle , d'où l'on conclura arec raison que la grandeur apparente d'un objet vient en partie de la grandeur réelle de l'objet. Il n'est pas non plus surprenant que ma réflexion , qui se promène sur ces lignes formées par l'effort ou par la transmission du mouvement, ^pénètre et s'arrête où le mouvement a commencé , c'est-à-dire en' c et en d, et qu'ils paroissent plus distants que E et f , puisqu'en effet ils sont plus éloignés que Ef , etqu'on ne les voit point sous un angle plus petit, et qu'enfin tout l'objet Cd paroisse amplement plus grand que tout l'objet Ef

Ibid. , page 68 , lig. 1 8.

De plus, à eaiise que nous- tommes aecoutumés de juger j etc. Que pensez vous donc de l'aveugle-nrté que Jésus-Cbrîst guérit? Si on lui eût présenté un miroir plan avant qu'une mauvaise habitude eût dépravé son jugement, auroit-il vu son visage en-

deçà du miroir, et nou au-delà ou derrière? Ce j^etit jeu de l'image derrière le miroir, dont j'avoue que je ne connois pas jusques ici le manège, a donné de terribles entraves à mon imagination ; car je ne me contente point de cette mauvaise iKibitude de juger. Vous me feriez grand plaisir de faite agir pour cela la bonne mécanique, et de xï^êa faire part quand vous l'aurez découverte.

Ibîd,y page 70, lig. a 8.

// suit de là que leur diamètre , etc. Qui empêche que le diamètre du soleil ou de la lune ne nous paroisse d'un ou de deux pieds au plus , à cause de • l'angle formé par la rencontre des rayons , et ne di- / minue,d'une manière propre à nous faire paroître à cette distance des corps de la grandeur réelle du soleil ou de la lune, sans une image d'un ou deux pieds ?

Ibid, , page 7 1 , lig. 1 1 .

Car ordinairement ces astres semblent plus petits lorsqu'ils sont fort hauts vers le midi^ etc. Doncrle soleil et la lune paroissent plus grands près de l'horii^on qu'ils ne devroient, eu égard à leur distunce ; et moi je dis qu'une grandeur apparente^ soumise à des lois constantes, doit plutôt être ap-< pelée véritable et non trompeuse, que celle qui dépend de quelques circonstances étrangères et va-* riables.

â84 LETTRES.

Sur le Discoure 7 de la Dioptrique, page 9^, lig. 23.

Si ce n'est peut-être de fort peu en la renversant, etc. Quel est cet art de renverser? et pourquoi n'en dites-vous rien ?

Sur le Discours 8 de la Dioptrique, page 220, lig. 6.

Ou parallèles de divers côtés. Je ne comprends point ces rayons parallèles de plusieurs divers côtés , car je ne vois rien d'approchant dans votre figure lao de la Dioptrique, c'est pourquoi je vous prie de vous expliquer plus nettement. Si je n'ai pas l'esprit bouché, ce que vous avez mis à la fin de cet article n'est guère plus clair : vous parlez des rayons qui se croisent en traversant les deux verres convexes DBQ, et dbq; dans votre édition Françoise vous renvoyez en marge à la page 108, c'est-à-dire à la figure qui est à la page 1 1 12 de la nouvelle édition. Pour moi , je ne vois pas que les rayons se croisent dans ces verres , mais seulement audelà en I, qui est leur foyer commun; il paroît que tous ces rayons gardent un grand parallélisme, jusqu'à ce qu'ils soient parvenus à la superficie convexe des deux verres BD, bdç c'est là qu'ils se courbent pour se croiser en I , et non ailleurs; au lieu que vous dites que ces rayons se croisent deux fois dans ces deux verres : pre*mièrement, dans la superficie DBQ ; secondement,

dans la superficie dbq. Quelle superficie enten* dez-vous , la plane ou la convexe ? Est-ce la même dans tous les deux verres ? Vous ajoutez : du moins les rayons qui viennent de différentes parties. Qu'estce que venir de différentes parties? Entendezvous parties opposées, car les parallèles qui partent du même objet peuvent être dits venus de différentes parties ? Tirez-moi de ces ténèbres.

Sur le Discours 9 de la Dioptrique, page i36, fig. 9.

Pourceque d'autant que ces lunettes 'font que les objets paraissent plus grands , d'autant en peuvent^elles faire moins voir à chaque fois. Puisque ces lunettes plus parfaites ont une plus grande ouverture du côté du verre extérieur , qui par conséquent reçoit de l'objet plus de rayons parallèles que les imparfaites qui ont cette ouverture grande 9 et la convexité de ce verre renvoyant tous ces rayons au fond de l'œil , d'où vient qu'il ne se peint pas dans cet œil un plus grand nombre d'objets , comme il s'y peint de plus grandes images ?

Sur le Discours* 10 de la Dioptiique, page 149, lig. 11.

Sera une hyperbole toute semblable ^ et égale à la précédente. Vous supposez donc que toutes les hyperboles dont les foyers sont également distants des sommets, quoique les unes ayant été décrites par le moyen du cône , et les autres avec la corde et la

règle , ont néanmoins les mêmes propriétés , et

même vous sttpposez cette légalité de ëjâtaace des sommets. Quoique je n'aperçoive -en tout celfi jjucune fausseté, vous auriez dû cependant le démontrer , puisque c'est le fondement de la machine que vous allez expliquer: si vous voulez en prendre iâ peine vous me ferez plaisir , pourvu que cela soit aisé à com-prendre, sinon j'aime mieux en croire un aussi grand homme que vous , que de donner la torture à mon esprit pour en venir à bout.

Ibid,^ page j[57, lig. j3.

Car il doit avoir un tranohantM une pointe. Passe qu'il y ait un tranchant : mais comment aura-t-il une pointe , surtout puisque le tranchant de cet outil doit être fabriqué droit , et non concave , car de cette façon il seroit sphérique ? Si ce tranchant peut faire quelque chose vers l'extrémité de la roue, il ne servira à rien vers le milieu ; car il sera trop grand pour pouvoir y entrer , c'est pourquoi la pointe de cet outil ne touchera point la matière voisine du centre de la roue.

Ibid,y pftge i58, lig. 8.*

Doit être si petite ^ que lorsque son centre ^st ms-à-ois de la ligne 55 de la machine quon Mmploie^ à la tailler^ la circonférence ne passe pas au-dessus de la ligne i a de la même machine. N'est-ce point à cause que pour lors la superficie concave du verre deviendroit sphérique et non hyperbolique.

Jhid,^ page 16a, lig. ^6.

Pour obliger quelques uns des plus curieux et des plus industrieux de notre siècle à en entreprendre l'exécution. Je voudrois savoir si quelque ouvrier industrieux a essayé d'exécuter ce projet ingénieux , et quel en a été le succès. Quant à ce qu'on dît ici , que quelques uns l'ont tenté inutilement , je n'en crois rien , ou ces ouvriers n'étoient que de simples artisans. Voici quelques difficultés que j'ai aussi trouvées dans vos Météores , mais elles sont en petit nombre et peu considérables.

Discours premier des Météores, page 167, lig. 27.

Ei contre la terre que vers les nuées. Ce que vous dites des rayons du soleil , tant droits que réfléchis; mais je ne vois pas comment les rayons droits peuvent augmenter , si ce n'est qu'étant réfléchis ifs sont renvoyés une seconde fois vers la terre : pour lors ce ne sont pas seulement des rayons droits , mais des rayons droits joints avec des réfléchis. J'ai encore une bien plus grande peine par rapport à la réflexion que vous donnez à ces rayops» La philosophie ordinaire nous en rend une raison très simple : le rayon solaire se remplit comme un fil , d'où résulte nécessairement laugmentatiofi de la chaleur , ce qui ne peut avoir lieu dans vos Principes; selon vous^ ce n'est plus un ôl qui se plie en double, mais une balle qui réfléchit. Mais

aSS LETTRES*

comment prouverez*vous l'augmentation de la chaleur portée au double quand la balle descend de A en B ? Elle décrit une ligne par son mouvement , et cette ligne n'est plus quand la balle se dispose à remonter de B en D ; nous n'avons donc qu'une ligne de mouvement qui ne peut doubler la chaleur : au contraire la chaleur diminuera dans l'air voisin de la terre , puisque le globule ou la balle cojmmunique quelque. chose de son mouvement aux particules terrestres qui l'environnent ; c'est pour4uoi le mouvement sera plus lent en BD qu'en AB; il faut donc que vous expliquiez pourquoi l'air s'échauffe plus contre la terre que vers les nues, et s'il ne peut faire que, quoique le mouvement soit plus lent contre la terre que vers les plus hautes régions de l'air, on y sent cependant une plus grande chaleur , à cause de l'inégalité de ce mouvement.

Discours 7 des Météores, page 268, lig. 1.

Mais au$si les plus basses demeurant fort rares. Si les nues inférieures sont si rares ou si peu compactes , comment peuvent-elles recevoir les plus hautes qui tombent sur elles , et les arrêter ? Il paroît au contraire qu'elles sont si minces , qu'elles devroiént être entraînées à terre avec les dernières, si celles-là avoient déjà pris ce chemin - là.

îbid,, page a68, lig. 9*

A came de la résonnance de l'air, etc. Cest Vopînion de Paracelse, que le bruit affreux du tonnerre vient des voûtes du ciel ; c'est ainsi qu'on entend un grand bruit lorsque quelqu'un décharge une arme à feu dans une salle voûtée ; maïs pour vous qui ne reconnoissez ni voûte ni plafond audessus de l'air , vous devez trouver plus vraisemblable que plus le coup est éloigné de la terre , plus il doit être foible , le bruit étant d'autant moins sensible qu'on est éloigné des corps qui l'ont produit*

Discours 9 des Météores, page Soi, lig. 3o«

Car il ne $e réfléchit de sa superficie que peu de rayons. Voulez-vous donc que le petit nombre de, rayons produise le bleu? Vous ne serez pas d'accord avec ce que vous avez dit d'abord : vous avez dit plqs haut que les couleurs sont produites par la différente proportion qui se trouve entre leur mouvement en ligne droite, et le tournoiement sur leur propre centre, et particulièrement que le bleu par oit quand les globules toun^oient moins vite sur leur centre, eu égard à leur mouvement en ligne droite. Présentement vous avez recours au petit nombre des rayons; je voudrois don€ savoir si vous pensez qu'il n'y aau^ tre cause des couleurs que celle que vous avez si

ingénieusement expliquée ci- dessus , ou si vous 10. ^ 19

2gù LETTRES.

croyez qu'elles peuvent être encore produites d'autre façon sans aucui^ égard au tournoiemeat et au mouvement direct des globules ^ sartout puisque vous avancç2 que l'eau de la mer paroit bleue à cause du peu de rayons qui sont réfléchis ; et certes il n'est pas aisé de dire pourquoi la mer ne paroit pas blanche ou rouge , lorsque les globules viennent à frapper sa superficie , puisque ces glo^ bvtles y trouvent quelque^is plus de résistance que dans l'air chargé de vapeurs , qui vous paroâ^ blanc pour lors.

Voilà, monsieur, tout ce que j'avois à vqus prch poser siir vos écrits de physique , et qui m'a paru ou difficile à comprendre ou dont la vérité souffriroit quelques difficultés; sur quoi vous aurez sujet d'être surpris du caractère et du tour de mon esprit, qui, entrant assez à fond dans tout le reste de vos écrits, où se trouvent cependant bien des choses plus difficiles que celles qui l'arrêtent en plusieurs endroits, n'a pas la même pénétration pour ce dont je vous demande l'explication, ou que je vous prie de fortifier par de nouvelles preuves. Quelques efforts que j'aie faits pour corriger cette disposition de mon esprit, que j'ai remarquée dès mon enfance, je veux dire de surmonter souvent très heureusement les choses les plus difficiles , et d'être arrêté par les plus petites , je n'ai pourtant jamais pu en venir à bout. J'espère

q^e'vv^ir^ bootjé excw^efa ce qu'il M œ'esi pas possible de cQFvigev^ et quelle n'imputera ai à une ignorance affectée ni à une suc^te déroangeaison ; de disputçr tant de difficultés que j'ai entasséesles unes survies autres; car. je ne l'ai pas hix par i)n df sir effr^é, de disputer, mais pair un zèle n^ Ugieux piaMr toi^t ce qifi vient de vous.

C?e8t moins 'dites ^ désir* d'obtenir la viofoire, ' ' '

Gomme le dît élégamment le poète, fet comme' je le répète dans là dernière sincérité.

Au reste, monsieur, je vous prie de prendre en bonne part tout ce que je vous aï écrit , et d'y faire réponse à votre loisir : si vous me faites: cette grâce, vous aurez la consolation d'avoir rendu très s^vknt Celui qui a été jusques ici le plus fidèle partisan de votre philosophie. Je sulfe , etc.

A CfipgiMàgÇf dn qoU^ âfi Qk^t, ift ai o«fobWf^9»

( Lettre 7a du tome I. )

Ce qui ^«^^.^^ ffwyè garqii If&p^er^ ^Mt Desq^e^, compe uçiproiet ou.cônainenceïçeiiit de la réponse. j/jij'îl préparoit aux deux précédentes lettres de IVÏ- Morus...

'i J'étèisisup mon dâpant pQVfïï le Voyage de Suàde^ loi«que jfeiteçus votre'lottredâtéedil aS juillet^eto.

a§a LETTREES.

1 . Si le intiment dans tes anges eH proprement un sentiment^ et s'ils sont ^corporels ou non? Je r^" ponds que l'âme humaine séparée du corps n*a point proprement de sentiment; qu*à Tégard des anges, nous n'avons aucune raison naturelle qui nous fasse connoître s'ils sont créés comme les âmes séparées des corps, ou comme les ménûtes âmes qui sont unies aux corps ^ et que }e ae détermine jamais rien sur les choses dont je n'ai aucune raison certaine pour donner lieu à des conjeçttures.. J'approuve ce que vous dites , que nous ne^ devons point nous, former d'autre idée de Dieu que celle que tous les gens de bien souhaiteroient s'il ny avoit point dç Pieu.

Votre instance sur l'accélération du mouvemep^' pour prouver que la même substance peut occupa' tantôt un plus grand, tantôt un moindre lieu^ es^ ingénieuse; cependant la disparité est grande, parceque le mouvement n'est pas une substance, mais un mode , et un mode tel en efiFet que nous concevons intimement comment il peut être diminué ou augmenté dans le même lieu : car tous les êtres ont ' certaines notions propres par lesquelles seules il en faut porter jugement , et non par eolhpâtai^on' des êtres les uns aux auK*es : c'est ainsi* (|tie îes qualités de la figure ne conviennent pas au mouvement, et que les qualités de l'uiie et de.raiîh^e ne conviennent point à l'étendue. Quond-on mini

LETTRES. ' . agS

une fois bien compris que le néant n'a aucune • propriété, et que par conséquent ce qu'on 'appelle communément espace vfde n*est pas un rien, mais un t^rai corps dépouillé de tous ses accidents, je veux dire de ceux qui peuvent se trouver et ne se pas trouver sans la corruption du sujet, et qu'on aura reïnarqué comment chaque partie ou de cet espace ou de ce corps est différente de toutes les autres, et impénétrable, on verra facilemait que la même divisibilité, la même faculté d'être touché et la même impénétrabilité ne peuvent convenir à aucune autre chose. J'ai dit que Dieu est étendu en puissance , parceque cette puissance se fait voir ou se peut faire voir dans la chose étendue ; et il est certain que l'essence de Dieu doit être, présente partout , afin que sa puissance s'y puisse mettre au jour; mais je dis qu'elle n'y est pas à la manière des clioses étendues, c'est-à-dire de la manière que j'ai décrit ci* dessus la chose étendue. II me paroît que parmi les marchandises que vous dites avoir gagnées sur mon p'etit bateau , il y en a deux qui sont de contrebande: la première, que le repos soit une action ou ime espèce de résistance; car bien que la chose qui est en repos ait cette résistance, de cela même qu'elle est en repos, ce n'est pas à dire pour cela que cette résistance soit en repos. La seconde est que mouvoir deux corps, c'est les séparer immédiatement; car souvent entre

les chpsiiefi^ qui sont ainsi séparées , « l'une est dite être tif&e^ et Tautre être en repos , 'coimne j'ai expliqué dans les <art. s5et 3o de la seconde partie des Principes.

Ce transport que j'appelle mouvement n'est point une chose de moindre entité que la ifigure, c'est-à-dire elle est un mode dans le corps, et la force mouvante peut venir de Dieu qui conservée autant de transport dans la mfatière qu'il y en a tins au premier mouvement de la création, ou bien delà substance créée, comme de votre âme, ou de quelque autre chose que ce soit, à qui il a .donné la force de mouvoir le corps ; et cette force dans la substance créée est son mode, mais elle n'est pas un mode en Dieu; ce qui étant un peu an-dessus de la portée du comnhin dïss esprits, je n'ai pas voulu traiter cette question dans mes écrits, pour ne pas sembler favoriser le sentiment de ceux qui considèrent Dieu comme l'âme du monde unie à la matière. Je considère la matièi'e laissée à elle-même, et ne recevant aucune impulsîon d'ailleurs, comme parfaitement en repos; et elle est jpDussée par Dieu qui conserve en elle autant de mouvement ou de transport qu'il y en a mis dès le commencement; et ce transport ne cause pas plus de violence à la matière que le repos; car le nom de violence ne se rapporte qu'à notre volonté, qui souffre, dit-on, violence, lorsque

quelque cl^ose se fait qui y répugné s or dans la nature il n'y a rien de violent , mais il est aussi naturel aux corps de se .pousser mutuellement , ou de se briser quand cela arrive, que de se tenir en repos. Mais ce qui a été la causé ^ à ce que je crdis, de la difficulté que vous avez proposée , est que vous conceyea une certaine force dans le corps qui est en repos, par laquelle il résiste au mouvement, comme si cette force étoit qudque chosie de positif, c'est-à-dire une certaine action distincte du repos même, quoique ce ne soit qu'une entité modale. ^

Vous remarquez fort bien que le mouvement, eia, tant qu'il est mode du corps , ne peut passer d'un corps dans un autre, et je ne l'ai pas dit aussi. Bien plus, je crois' que le mouvement, en tant qu'il est un tel mode , reçoit des <îhangfements continuels ; car autre diose est le mode dans le premier point du corps A , qui est séparé du premier point du corps B, et autre celui qui est séparé du deuxième et du troisième, etc. .

Or lorsque j'ai dit qu'il restoit toujours autant de mouvement dans la matière, j'ai entendu cela de la force qui pousse ses parties , laquelle force s'applique tantôt à une partie de la matière , tantôt s'applique aux autres , selon les lois proposées dans l'art. 45 5 pag« 110, et dans les suivantes de la seconde partie. Il ne faut donc pas s'embarras-

ser du transport du repos d'an sujet à un autre , puisque le mouvement même, en tant qu'il est un mode opposé ^u repos, ne passe point ainsi. A ¥égard de ce que vous ajoutez que le corps vous semble jouir d^une vie, mais stupide et pleine d'ivresse, etc., je regarde cela comme de fort belles paroles ; Hiais permettez - xnoi une fois pour toutes, avec cette liberté dont vous m*avez permis d'user à votre, égard , que rien ne nous éloigne plus du chemin de la vérité que d'établir certaines choses , comme véritables , qu'aucune raison positive , mais notre volonté seule , nous persuade , c'est-à-dire lorsque nous avons inventé ou imaginé quelque chose , et qu'après cela nos fictions nous plaisent , comme vous faites à l'égard de ces anges corporels , de cette ombre de l'essence divine , et autres choses semblables que personne ne doit admettre, parceque c'est le vrai moyen de se fermer tout chemin à la vérité.

li:tth£&« ^97

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