‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 15 sur 91 · SCIENCES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

SCIENCES SECONDAIRES

La psychologie de Descartes, sa physiologie et sa physique renferroeotde belles applications de ses principes. Admirable dans ses erreurs inèmes; il a construit un système complet dans lequel on peut aller si aisément des principes aux conséquences et remonter des conséquences aux principes, que Ton s'y meut avec facilité , comme dans un monde bien connu et dont les rouages sont excellents. Notre àme a des actions et des passions ^ *, il y a six passions principales : l'admiration j l'amour , la haine , le désir , la joie , la tristesse. Les actions dépendent de la volonté \ la volonté est le pouvoir de se déterminer, elle est aussi le pouvoir d'affirmer ou de nier : ainsi le péché est une erreur >, origine d'une opinion célèbre de Malebrancbe. La raison de nos erreurs est la disproportion qui existe entre la volonté et les autres facultés de notre entendement ' *, et les causes qui font naître cette disproportion sont les préjugés d'enfance, la difficulté de les oublier, la fatigue qui naît de l'attention, et l'emploi vicieux du langage K 11 n'y a pas de lutte entre la partie raisonnable

> Cr. Traité dês postions, 17.

• a. PriMipes, 87.

t « D'où est-ce donc que naissent mes enenrs? Cest, à savoir, de cela seul que, la volonté étant beaucoup plus ample et plus étendue que rentendement, je ne la conUens pas dans la même limite. »

{Quatrième Méditaiion, cf. Principes, 36 et 88.)

* Cf« hègUs pour la direction de Tesprit, règles 71-74.

i IRTIlOIIOCTIOfl*

et la sensUive; mais etitre TAme et le corps faisant ebatuti effort sur la glande pioéale» Nous aTOns des idées iaoées , des idées adventices, des idées forméas et oonçoes |Nir la foroe propre de notre esprit ^. On sait que Descartes démontre Texistence du monde extérieur par la véracité de Dieu 5 et que, pour expliquer Faction réciproque de l'esprit sur le corps et du corps sur l'esprit, il emploie les esprits animaux et la glande pinéale ^. Il faut remarquer que ni l'esprit ne donne le mouvement au corps, ni le corps ne donne la pensée à l'esprit* Le corps ne fait qu'eidter les pensées, qui sont virtuellement dans la faculté de penser; il nlnflue que sur leur direction; elles se développent en moi à son occasion, non par son action : c'est Torigine de rharmonie préétablie de LeibniZ) qui déclare lui-même que Deseartes y serait vena infailliblement s'il n'avait pas accordé au causes aoeondes la direction du mouvement K

Les animaux ne sont que de la matière; ils sont done soumis aux lois de la matière, qui sont des lois mécaniques^ et non à celles de l'esprit. Par conséquent ils ne sont et ne peuvent être que des automates. Un automate étant supposé parfaitement semblable à un singe, il serait impossible de

Le mouvement n'est point inhérent à la matière, ni aucune force quelconque ; et un corps ne peut pas en mouvoir un autre. La matière dans son essence n'est que de l'étendue : elle est donc identique avec l'espace | elle n'a donc point de

* Cf. Troisième Méditation,

* Cf. Les passions de Tdme, 42 et 4S.

> a La seconde découverte est qu'eUe se conserte MMore la métne airectKni dans tous tas corps ensemble qu'on ea|ipose aglf entre etix, ie quelque manière qu'ils se «hoquent. Si cette règle avait été eonhne de M. Deseartes, U aurait rendu k direction des corps aussi indépen^ dantede l'àme que leur force» et Je crois que cela l'aurait mené tout droit à i'hypotbèse de rharmonie préétablie.» Leibnii» Thé^cée^

IMTAaUUCTlOIf. U

iioiites \ elle ne souffre dope paiat de vide \ enfin elle est donc divisible à Tinfini K Les lois mécaniques du mouvement de la. matière font qu'elle persévère dans son mouvement ou dans son repos jusqu'à ce qu'il survienne une cause de changement ^. En outre, chaque partie de la matière tend à se mouvoir suivant des lignes droites , comme on peut le voir par l'exemple de la fronde \ et un corps en mouvement qui en rencontre un autre perd sa direction, mais non son mouvement'. Les tourbillons résultent de Tinertie de la matière, des lois de la direction des mouvements, et des rapports des vitessfii aveo la masse. Le monde peut être conçu comme une machine où tout résulte des lois du mouvement. L4 matière inerte et passive étant donnée avec Je mouvement et ses lois, leur aeticn mécttoifue produirait le monde sans PinterveDtion d'auouna forée. La terre se meut autour du so* leil.

Dana toutea ces applicationa 4e If^ méthode aux sciences secondes, Descartes établit nettement les distinctions, et ne résout les rapports que par des hypothèses sans réalité. Il se trompe sur la nature des substances en ce qu'il les croit passives 9 quaot à leur développement interne, par sa théorie sur la durée; et quant à leur action au dehors, par le caractère mécanique de son système. U se trompe sur leurs r{ip-

Essai t^r la bonté de Dieu^ part. 1, S 6^* Cf. Leibniz, Troisième lettre à Bourguesti et Malebranche, De* lois générales de la communication des mouvements, S 14. Remarque.

^ Cf. dans les Essais de M. de Rémusat l'Essai sur la maUèrc tout enUer, et particulièrement p. 299 sqq. et 329 sqq.

* Principes, seconde partie, principes 36 et 37. Cf. Malebranche, Éclaircissement sur le si\lôme livre de la Recherche de la vérité,

' Huyghens croyait avoir démontré ia fausseté des règles du mouvement de Descartes i Spinoza accorde seulement la fausseté de la siilème règle, et il croit le sentiment de Huyghens aussi erroné que celui de Descartes. Consultez Spinoza, QEuwes posthumes^ lettre 15, et reicellent travail de M. Emile Saisset.

LU INTRODUCTIOW.

ports, par une suite de son erreur sur leur nature, en ce qu*H introduit partout un troisième terme, soit qu'il l'appelle les lois mécaniques du monde, ou que, revenant à la première forme de sa philosophie, il rappelle la volonté de Dieu ^.

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