‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 119 sur 293 · ARTICLE CXXI · texte numérisé non relu

ARTICLE CXXI

Qu’elle peut aussi être causée par d’autres passions.

, Il est vrai que la haine, la tristesse %et même la joie, peuvent causer aussi quelque langueur lorsqu’elles sont fort violentes, à cause qu’elles occupent entièrement lame à considérer leur objet, principalement lorsque le désir d’une chose à l-’acqpjsition de laquelle on ne peut rien contribuer au Temps présent est joint avec elle. Mais poureequ’on s’arrête, bien plus à considérer les objets qu’on joint à soi de volonté que ceux qu’on en sépare , et qu’aucuns autres , et que la langueur ne dépend point d’une surprise, mais a besoin de quelque temps pour être formée , elle se rencontre bien

plus en l’amour qu’en toutes les autres passions.

ARTICLE ÇX XII.

De la pâmoison.

La pâmoison n’est pas fort éloignée de la mort , car on meurt lorsque le feu qui est dans le pœur s’éteint tout-à-fait , et on tombe seulement en pâmoison lorsqu’il est étouffé en telle sorte qu’il demeure encore quelques restes de chaleur qui

LES PASSIONS DE LAME

peuvent par après le rallumer. Or il y a plusieurs indispositions du corps qui peuvent faire qu’on tombe ainsi en défaillance ; mais entre les* passions il n’y a que l’extrême joie qu’on remarque en avoir le pouvoir : et la façon dont, je crois qu’elle cause cet effet, est qu’ouvrapt extraordinairement les orifices du cœur , le sang des veines y entre si à coup et en si grande quantité qu’il n’y peut être raréfié par la chaleur assez promptement pour lever Ifs petites peaux qui ferment les entrées de ces veines , au moyen de quoi il étouffe le feu, leqi^l il a coutume d’entretenir lorsqu’il n’entre dans* le cœur que par mesure.

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