‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 131 sur 293 · ARTICLE CXXXIV · texte numérisé non relu

ARTICLE CXXXIV

Pourquoi quelques enfants parfissent au lieu de pleurer.

Toutefois il y en a quelques uns qui pâlissent au lieu de pleurer quand ils sont fâchés, ce qui peut témoigner en eux un jugement et un courage extraordinaire, à savoir lorsque cela vient de ce qu’ils considèrent la grandeur du mal , et se préparent à une forte résistance , en même façon que ceux qui sont plus âgés ; mais c’est plus ordinairement une marque de mauvais naturel , à savoir

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l4G LES PASSIONS DE l’aME.

lorsque cela vient de ce qu’ils sont enclins à la haine ou à la peur, car ce sont des passions qui diminuent la matière des larmes. Et on voit au contraire que ceux qui pleurent fort aisément sont enclins à l’amour et à la pitié.

ARTICLE CXXXT.

Des soupirs.

I^a cause des soupirs est fort différente de celle .des larmes, encore qu’ils présupposent comme elles la tristesse : car, au lieu qu’on est incité à pleurer quand les poumons sont pleins de Sang, on est incité à soupirer quand ils en sont presque vides , et que quelque imagination d’espérance ou de joie ouvre l’orifice de l’artère veineuse que la tristesse avoit étrécie, pourcequ’alors le peu de sang qui reste .dans les poumons, tombant toutà-coup dans le côté gauche du cœur par cette artère veineuse , et y étant poussé par le désir de parvenir à cette joie, lequel agite en même temps tous les muscles du diaphragme et de la poitrine, l’air est poussé promptement par la bouche dans les poumons, pour y remplir la place que laisse ce sang ; et c’est cela qu’on nomme soupirer.

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