‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 146 sur 293 · ARTICLE CXLIX · texte numérisé non relu

ARTICLE CXLIX

De l*estiine et du mépris.

Après avoir expliqué les six passions primitives, qui sont comme les genres dont toutes les autres sont des espèces , je remarquerai ici succinctement ce qu’il y a de particulier en chacune de ces autres , et je tiendrai le meme ordre suivant lequel je les ai ci-dessus dénombrées. Les deux premières sont l’estime et le mépris ; car bien que ces noms ne signifient ordinairement que les opinions qu’on

LES PASSIONS DE LAME

a sans passion de la valeur de chaque' chose , toutefois, à cause que, de ces opinions, il naît souvent des passions auxquelles on n’a point donné de noms particuliers, il me semble que ceux-ci leur peuvent être attribués. Et l'estime, en tant quelle est une passion , est une inclination qu’a, l’âmê à se représenter la valeur de la chose estimée, laquelle inclination est causée par un mouvement particulier des esprits, tellement conduits dans le cerveau , qu’ils fortifient les impressions qui servent à ce sujet ; comme, au contraire, la passion du mépris est une inclination qu’a lame à considérer la bassesse ou petitesse de ce quelle méprise , causée par le mouvement des esprits qui fortifient l’idée de cette petitesse.

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