TROISIEME PARTIE
nuation , c’est-à-dire que les esprits continuent à se mouvoir d’une même teneur dans le cerveau : desquelles propriétés la première se rencontre bien plus en l’orgueil et en la bassesse qu’en- la générosité et en l’humilité vertueuse ; et au contraire , la dernière se remarque mieux en celles - ci qu’aux deux autres : dont la raison est que le vice vient ordinairement de l’ignorance , et que ce sont ceux qui se connoissent le moins qui sont le plus sujets à s’enorgueillir et à s’humilier plus qu’ils ne doivent , à cause que tout ce qui leur arrive de nouveau les surprend, et fait que, se l’attribuant à eux-mêmes, ils s’admirent , et qu’ils s’estiment ou • se méprisent selon qu’ils jugent que ce qui leur arrive est à leur avantage ou n’y est pas. Mais pourceque souvent après une chose qui les a enorgueillis, il en survient une autre qui les humilie, le mouvement de leurs passions est véritable ; au contraire, il n’v a rien en la générosité qui ne soit compatible avec l’humilité vertueuse, ni rien ailleurs qui les puisse changer, ce qui faijt que leurs mouvements sont fermes, constants ,. et toujours fort semblables à eux-mêmes. Mais ils ne viennent pas tant de surprise, pourceque ceux qui s’estiment en cette façon connoissent assez quelles sont les causes qui font qu’ils s’estiment ; toutefois on peut dire que ces causes sont si merveilleuses ( à savoir la puissance d’user de son libre arbitre, qui
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•fait qu’on se prise soi-même, et les infirmités du sujet en qui est cette puissance , qui font qu’on ne s’estime pas trop ) qu’à toutes les fois qu’on se les représente de nouveau, elles donnent toujours une nouvelle admiration.