‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 21 sur 293 · ARTICLE XIII · texte numérisé non relu

ARTICLE XIII

Que cette action de» objet» de dehors peut conduire diversement les esprit» dans les muscles.

Et j’ai expliqué en la Dioptrique comment tous les objets de vue ne se communiquent à nous que par cela seul qu’ils meuvent localement , par l’entremise des corps transparents qui sont entre eux et nous, les petits filets des nerfs optiques qui sont au fond de nos yeux , et ensuite les endroits du cerveau d’où viennent ces nerfs ; qu’ils les meuvent, dis-je, en autant de diverses façons qu’ils nous font voir de diversités dans les choses'; et que ce ne sont pas immédiatement les mouvements qui se font en l’œil, mais ceux qùi se font dans le cerveau, qui représentent à l’âme ces objets.A l’exemple de quoi il est aisé de concevoir que les sons, les odeurs , les saveurs, la chaleur , la douleur, la faim ,1a soif, et généralement tous les objets , tant de nos autres sens extérieurs qué de nos appétits intérieurs , excitent aussi quelque mouvement en «os nerfs, qui passe par leur moyen jusqu’au cerveau; et outre que ces divers mouvements du cerveau font voir à notre âme divers sentiments, ils peuvent aussi faire sans elle que les esprits prennent leur 4. 4 ’

LFS PASSIONS DE LAME

cours vers certains muscles plutôt que vers d’autres, et ainsi qu’ils meuvent nos membres, ce que je prouverai seulement ici par un exemple. Si quelqu’un avance promptement sa main contre nos yeux , comme pour nous frapper , quoique nous sachions qu’il est notre ami , qu’il ne fait cela que par jeu, et qu’il se gardera bien de nous faire aucun mal , nous avons toutefois de la peine à nous empêcher de les fermer : ce qui montre que ce n’est point par l’entremise de notre âme qu’ils se ferment, puisque c’est contre notre volonté, laquelle est sa seule ou du moins sa principale action; mais c’est à cause que la machine de notre corps est tellement composée que le mouvement de cette main vers nos yeux excite un autre mouvement en notre cerveau , qui conduit les esprits animaux dans les muscles qui font abaisser les paupières. ‘ ‘ ,

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