‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 264 sur 293 · HABITANTS TOUTE SEMBLABLE A CELLE DU NOTRE · texte numérisé non relu

HABITANTS TOUTE SEMBLABLE A CELLE DU NOTRE

Ayant ainsi expliqué la nature et les propriétés de l’action que j’ai prise pour la lumière, il faut aussi que j’explique comment par son moyen les habitants de la planète que j’ai supposée pour la terre peuvent voir la face de leur ciel toute semblable à celle du nôtre.

Premièrement , il n’y a point de doute qu’ils ne doivent vjair le corps marqué S 1 tout plein de lumière et semblable à notre soleil , vu que ce corps envoie des rayons de tous les points de sa superficie vers leurs yeux; et, parcequ’il est beaucoup plus proche d’eux que les étoiles , il leur doit paroître beaucoup plus grand. Il est vrai que les parties du petit ciel ABCD , qui tourne

* Voyez planche I , figure 4.

020 EE MONDE. '

• ^ « % autour de la terre, font quelque résistance a ces

rayons ; mais parceque toutes celles clu grand ciel , qui sont depuis S jusquesà D, les fortifient, celles qui sont depuis Djusquesà T, n étant à comparaison qu’en petit nombre, ne leur peuvent ôter que peü de leur force; et même toute l’action des parties du grand ciel FGGF, ne suffit pas pour empêcher que les rayons de plusieurs étoiles fixes ne parviennent jusques à la terre du côté quelle n’est point éclairée par le soleil.

Car il faut savoir que les grands ci eux, c’est-à-dire ceux qui ont une étoile fixe ou le soleil pour leur centre, quoique peut-être assez inégaux en grandeur , doivent être toujours exactement d’égale force, en sorte que toute la matière qui est par exemple en la ligne SB ’ doit tendre aussi fort vers e que celle qui est en la ligne e B tend vers S; car, s’ils n’avoient entre eux cette égalité, ils se détruiroient infailliblement dans peu de temps, ou du moins se changeaient jusques à ce qu’ils l’eussent acquise.

Or, puisque toute la force du rayon SB, par exemple, n’est que justement égale à celle du rayon e B , il est manifeste que celle du rayon T B , qui est moindre, ne peut empêcher la force du rayon g B de s’étendre jusques à T; et tout de même il est évident que l’étoile A peut étendre ses rayons jusques à la terre T, d’autant que la matière du ciel . »

■ Voyez planche I , figure s.

C II à PITRE XV.

qui est depuis Ar jusques à 2 leur aide plus que celle qui est depuis 4 jusques à T ne leur résiste, et avec cela que celle qui est depuis 3 jusques à /j ne leur aide pas moins que leqr résiste celle qui est depuis 3 jusques à 2 ; et ainsi , jugeant des autres à proportion, vous pouvez entendre que ces étoiles ne doivent pas paroître moins confusément arrangées, ni moindres en nombre, ni moins inégales entre elles, que font celles que nous voyons dans le vrai monde.

Mais il fijut encore que vous considériez, touchant leur arrangement , qu’elles ne peuvent quasi jamais paroître dans le vrai lieu où elles sont. Car , par exemple , celle qui est marquée e paroît comme si elle étoit en la ligne droite T B ; et l’autre , marquée A, comme si elle étoit en la ligne droite T4 : dont la raison est que les cieux étant inégaux en grandeur , les superficies qui les séparent ne se trouvent quasi jamais tellement disposées que les rayons qui passent au travers pour aller de ces étoiles vers la terre, les rencontrent à angles droits; et, lorsqu’ils les rencontrent obliquement, il est. certain , suivant ce qui a été démontré en la Dioptrique, qu’ils doivent s’y courber et souffrir beaucoup de réfraction, d’autant qu’ils passent beaucoup plus aisément par l’un des cotés de cette superficie que par l’autre. Et il faut supposer ces lignes TB, T 4, et semblables, si extrêmement lon-

LE MON DK.

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uUes à comparaison' du diamètre du cercle que la terre décrit autour du soleil , qu’en quelque endroit de ce cercle quelle se trouve, les hommes quelle soutient vojient toujours les étoiles comme fixes et attachées aux mêmes endroits du firmament ; c’est-à-dire, pour user des termes des astronomes , qu’ils ne peuvent remarquer en elles de parallaxes.

Considérez aussi, touchant le nombre de ces étoiles, que souvent une même peut paroître en divers lieux , à cause des diverses superficies qui détournent ses rayons vers la terre; comme ici celle qui est marquée A paroît en la ligneT 4 , par le moyen du rayon A 2 4 T» et ensemble en la ligne T f , par le moyen du rayon A 6 fT, ainsi que se multiplient les objets qu’on regarde au travers des verres ou autres corps transparents qui sont taillés à plusieurs faces.

De plus considérez, touchant leur grandeur, qu’encore quelles doivent paroître beaucoup plus petites quelles ne sont , à cause de leur extrême éloignement, et même qu’il y en ait la plus grande partie qui pour cette raison ne doivent point paroître du tout, et d’autres qui ne paroissent quen tant que les rayons de plusieurs joints ensemble rendent les parties du firmament par ou ils passent un peu plus blanches et semblables à certaines étoiles que les astronomes appellent nébuleuses, ou à cette grande

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