‹ Œuvres de Dugald StewartChapitre 21 sur 58 · I. Du langage · texte numérisé non relu

I. Du langage

89. Il est facile d'apercevoir In connexite do ce sujet avec celui des .sections précédentes. C'est à l'usage des signes artificiels ( g. -1!) J que nous soinnies redevables île ue>s idées générales , et sans eux notre connaissance eut été bornée aux individus. C'est aussi à l'usage de ces signes que nous devons toulo cette partie do nos connaissances qui n'est pas

le fruit de notre expérience personnelle. Par eus seuls enfin s'opère celle transmission tic la science acquise aux générations suivantes , sans laquelle le perfectionnement progressif de l'espèce humaine sérail impossible.

80. Comme Reid l'a remarqué , la formation d'un langage artificiel présuppose l'usage de quelques signes naturels. Ces signes consistent en de certaines expressions du YÏsage , certains gestes du corps et certaines intonations de la voix.

91. Il parait que l'homme possède la faculté d'interpréter instinctivement quelques-uns de ces signes. Il est vrai qu'on a dernièrement encore conteste ce fait ; mais on peut l'appuyer de plusieurs considérations qui justifient l'opinion commune , renfermée toutefois dans de justes limites, etépurée par quelques corrections. '

92. A mesure que les idées se multiplient , les imperfections du langage naturel se font sentir. Les hommes comprennent la nécessité d'inventer des signes artificiels dont la valeur est fixée par un mutuel consentement. Plus le langage artificiel se perfectionne, plus la langue de la nature se perd ; à te) point que, dans un élat social comme le nôtre, il faut une grande force de réflexion et de longues études pour en recouvrer l'usage. Celte étude entre pour beaucoup dans l'art du comédien et de l'orateur, j-j ,

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