‹ Œuvres de Dugald StewartChapitre 24 sur 58 · CLASSIFICATION ET ANALYSE DE NOS FACULTÉS ACTIVES ET MORALES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION ET ANALYSE DE NOS FACULTÉS ACTIVES ET MORALES

SECTION I

DES FACULTÉS ACTIVES EU GÉSÉHAl..

111. Le mot action s'applique proprement à toutes les exertions de force qui suivent la détermination volontaire , soit qu'elles se produisent au dehors , soit qu'elles se résolvent dans des opérations pure-

ment internes. Ainsi, par exemple; nous pensons que l'amo est active quand elle est livrée à l'étude. II est vrai que , dans le discours ordinaire , nous sommes portés à confondre l'action et le mouvement: comme les opérations qui se passent dans l'ame des autres hommes échappent à notre connaissance , nous ne pouvons juger de leur activité que par les effets qu'elle produit au dehors : c'est ce qui fait que nous n'accordons guère le caractère d'activité qu'à ceux dont l'activité corporelle est remarquable, et que nous distinguons les hommes en deux classes, la classe active et la classe spéculative. Ici nous prenons le mot activité dans sa signification la plus étendue, l'appliquant également à toute exertion volontaire.

112. Cela posé, les premières sources de notre activité sont les circonstances qui influent sur notre volontés Parmi ces circonstances il en est qui font partie de notre constitution, et qui ont reçu pour cela le nom de principes actifs de notre nature : telles sont la faim, la soif, la curiosité, l'ambition, la pitié, lo ressentiment. Les principes les plus importants de cette espèce peuvent se rapporter aux chefs suivants :

1° Les appétits;

2° Les désirs ;

&° Les affections ;

4° L'amour de soi ;

B Q La faculté morale.

ESt^L'ISSES

SECTION II

118. Les circonstances suivantes distinguent cette classe de nos principes actifs :

I" Ils tirent leur origine du corps et nous sont communs avec lesbètes;

2" Ils ne sont point continus, maïs périodiques ;

3° Ils sont accompagnés d'une sensation désagréable, forte ou faible, selon la force ou la faiblesse de l'appétit.

114. Nos appétits sont au nombre de trois :1a faim, la soif, et l'appétit du sexe. Les deux premiers sont destinés à la conservation de l'individu , le troisième à la propagation de l'espèce. Sans eux , la raison eût été insuffisante pour garantir ces résultats importants.

ll!î. On ne peut dire proprement que nos appétits soient intéressés : car ils aspirent à leurs objets respectifs comme à leur fin dernière ; et d'autre part il faut qu'ils aient agi une première fois avant toute expérience du plaisir qui accompagne leur satisfaction. Ajoutons que l'intérêt est souvent sacrifié « l'appétit : dans tous les cas , par exemple , où nous nous abandonnons à une jouissance présente avec la certitude ou la très-grande probabilité qu'elle aura des suites funestes.

1 1 6. Outre les appétits naturels , nous avons des appétits factices. Ainsi l'appétit du tabac , del'opium , des liqueurs fortes. En général , tout ce qui excite le système nerveux laisse après soi une certaine langueur qui nous fait désirer le retour de l'irritation.

117. Les propensions périodiques à l'action et au repos ont, sous plusieurs rapports, beaucoup d'analogie avec les appétits.

SECTION III

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