‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 109 sur 117 · MON BONHEUR · texte numérisé non relu

MON BONHEUR

Ma foi ! j'aurais tort de me plaindre Quand tout me dit d'êlre joyeux :

A quoi sert d'espérer ou craindre, Puisqu'ici tout est pour le mieux?

MES SOUVENIRS. 5ll

Si je pense à la politique , Que de gloire ! que de profit !

Je vis dans une république, Et je suis libre, à ce qu'on dit.

Si je sors , vingt fois dans la ru« L'on s'informe de ma santé ; Bien poliment on me salue; De me voir on est enchanté ; De plus, maîtresse que j'adore, Bien sincèrement me chérit :

Et puis , quelle maîtresse encore !

Elle est fidèle , à ce qu'on dit.

Si de l'orgueil j'ai la faiblesse, J'ai bien de quoi me contenter:

En tout lieu je trouve sans cesse Quelque sot qui vient me flatter.

Je fais mille et mille distiques Dont par hasard l'un réussit ; On m'accable de cent critiques:

C'est de l'honneur à ce qu'on dit.

Il est vrai que j'avance en âge , Et que par un sort affligeant , Chaque jour trouve en mon ménage Plus de soucis et moins d'argent.

Je vois s'enfuir à tire d'ailes, Amour, santé, plaisir, esprit 5 Mais qu'importent ces bagatelles?

Je suis heureux, à ce qu'on dit.

Enfin, même en perdant la vie, Lecteur, je n'aurai rien perdu $

Un article Nécrologie

Vous apprendra que j'ai vécu;

Mais la mort, en coupant ma trame,

Ne pourra rien sur mon esprit,

Et j'en rirai, puisque mon âme

Est immortelle, à ce qu'on dit.

MES SOUVENIRS. 5l3

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