‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 66 sur 117 · LE SONGE DES DEUX BERGERS · texte numérisé non relu

LE SONGE DES DEUX BERGERS

Au beau milieu d'un champ que le soleil brûlait, L'autre jour en sursaut deux bergers s'éveillèrent,

Et tous deux ils se racontèrent

Le songe qui les agitait.

Quelle frayeur! dit l'un ; dans une nuit profonde J'ai cru voguer sur le vaste Océan , Quand tout -à-coup un terrible ouragan M'a lait aller dormir jusques au fond de l'onde. Et moi, répondit l'autre, armé comme un soldat, Je crus aller, j'allais tout tremblant à la guerre 5 Mais un coup de mousquet m'a fait mordre la terre

Dans le premier feu du combat.

Lycas les écoutait, passant par aventure: Mes amis, leur dit-il, vos rêves sont fort beaux; Mais si vous ne songiez qu'aux paisibles travaux Que vous a prescrits la nature, Vous ne rêveriez que troupeaux, Que moutons, chiens et pâturages, Et les combats ni les naufrages Ne troubleraient votre repos.

Page 1